
Garde d’enfants : est-il possible de recruter en toute sécurité ?
Publié le 14/05/2026 à 21:21
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La question de la sécurité dans le recrutement de babysitters est cruciale pour de nombreux parents. Comment vérifier les profils de ceux qui gardent nos enfants ? Les parents ont-ils le droit de demander les antécédents judiciaires de leurs employés ? Éléments de réponse.
Pour les jeunes parents, le choix d’un babysitter est un moment délicat. Les critères de sélection sont souvent basés sur des recommandations. Une mère de famille confie : « Il me faut absolument des conseils, des références. Je ne pourrais pas faire confiance à quelqu’un qui n’est pas recommandé. » D’autres parents optent pour des plateformes en ligne, espérant une vérification plus rigoureuse des profils.
Les parents peuvent exiger un extrait de casier judiciaire, le bulletin numéro 3, qui mentionne les condamnations graves. Martine Brousse, présidente de La Voix de l’Enfant, souligne : « Si on n’a rien à se reprocher, ce n’est pas difficile d’aller faire une demande sur Internet de son casier judiciaire. C’est une garantie. » Cependant, certaines plateformes notent que ce document est facilement falsifiable avec les outils numériques actuels.
Malgré cela, le bulletin numéro 3 ne fournit pas toutes les informations nécessaires. Par exemple, il ne révèle pas si le babysitter est inscrit dans les fichiers des auteurs d’infraction sexuelle, ce qui représente un vide dans le dispositif. Samuel Finielz, procureur de la République de Lille, a alerté sur ce « trou dans la raquette » qui peut permettre à des délinquants de s’y engouffrer.
Pour remédier à cette situation, des associations demandent la généralisation de l’attestation d’honorabilité, qui recense l’ensemble des condamnations et des enquêtes en cours. Ce document est déjà obligatoire dans les crèches.
Quant à la surveillance des babysitters à domicile, le code pénal interdit, en principe, l’utilisation de caméras sans consentement. Cependant, Me Elise Mialhe, avocate en droit du travail, explique que si les parents préviennent le babysitter et l’incluent dans le contrat de travail, ils peuvent éviter de violer la loi. La justice a parfois donné raison à des parents ayant filmé des babysitters à leur insu, considérant que les soupçons de maltraitance prévalaient sur la vie privée.
En résumé, bien que des mesures existent pour sécuriser le recrutement de babysitters, des lacunes persistent et nécessitent des réformes pour garantir la sécurité des enfants.
Source : franceinfo




