
France-Algérie : 60 ans après, les essais nucléaires empoisonnent toujours les relations
Il y a soixante ans, la France lançait son programme nucléaire dans le désert algérien, cherchant à s’imposer parmi les puissances dotées de l’arme atomique. La première explosion nucléaire française, d’une puissance équivalente à 70 000 tonnes de TNT, a eu lieu le 13 février 1960 à Reggane, située à 1 150 kilomètres au sud d’Alger. Ce programme a débuté pendant la guerre d’indépendance algérienne et s’est achevé en 1966, quatre ans après la signature des accords d’Évian.
L’héritage de ces essais, décrit comme toxique et silencieux, perdure encore aujourd’hui. Samia Henni, dans son ouvrage Toxicité coloniale publié aux éditions B42, examine les conséquences de ces tests nucléaires sur la société algérienne et sur les relations franco-algériennes contemporaines.
Les archives et les témoignages recueillis par l’Observatoire des armements à Lyon et par Elisabeth Leuvrey soulignent l’impact environnemental et sanitaire des essais nucléaires. En parallèle, le film At(h)ome, produit par les Écrans du large, met en lumière ces enjeux et est actuellement visible jusqu’au 16 mai 2026 au Carré de Baudoin à Paris dans le cadre de l’exposition L’Arrière-pays II.
Cette situation met en exergue les tensions persistantes entre la France et l’Algérie, où les mémoires des essais nucléaires continuent de hanter les relations bilatérales.
Source : Samia Henni, Toxicité coloniale, éditions B42.




