![[Trésors cachés du Muséum d'histoire naturelle 2/3] Les taxidermistes donnent une deuxième vie aux animaux - Reportage France](https://s.rfi.fr/media/display/0c1d80f2-4265-11f1-8e27-005056bf30b7/w:1280/p:16x9/taxidermie.jpg)
Les taxidermistes donnent une deuxième vie aux animaux au Muséum national d’histoire naturelle
Le Muséum national d’histoire naturelle, situé au Jardin des plantes à Paris, célèbre ses 400 ans d’existence. Cette institution, reconnue à l’international, se positionne à l’intersection de la recherche scientifique, de la conservation de collections naturalistes et de la sensibilisation au monde vivant. Après avoir exploré l’Herbier national, RFI vous invite à découvrir l’atelier des taxidermistes, un métier alliant art et passion.
Dans cet atelier, un mouton à la laine blanche, un ours brun en position de sommeil et un chimpanzé assis sur une branche en bois sont en cours de restauration. Ces animaux naturalisés, autrefois appelés « empaillés », ont été remontés de la zoothèque, un bâtiment souterrain de 6 000 mètres carrés abritant une partie des 68 millions de spécimens conservés au Muséum.
L’objectif de cette opération est de dépoussiérer et de rafraîchir ces spécimens avant leur exposition. « La peau du chimpanzé s’est légèrement décolorée avec le temps à cause de la lumière. J’ai essayé d’y toucher le moins possible, juste quelques colorations », précise Lucile Borreman, taxidermiste.
Dans la zoothèque, les animaux plus anciens proviennent des grandes expéditions naturalistes du 19e siècle. Depuis la Seconde Guerre mondiale, le Muséum ne capture plus d’animaux pour l’étude. Il se contente de récupérer des animaux décédés dans la nature ou en captivité. Par exemple, un petit pouillot véloce de 11 cm, mort après avoir heurté une vitre, a été conservé pour enrichir les collections.
Lucile Borreman explique le processus de préparation : « Tout ce qui pourrait pourrir, comme les yeux et les organes, a été retiré. La peau a été traitée à la poudre d’alun. Pour certains animaux, des prélèvements ADN sont réalisés avant la naturalisation. » Elle ajoute qu’une structure en mousse a été créée pour maintenir la forme de l’oiseau, et des fils de fer ont été insérés pour lui donner la posture souhaitée.
Pour les mammifères plus imposants, tels que l’éléphant Siam, décédé au zoo de Vincennes dans les années 1990, le travail requiert une force considérable. Sa peau, qui pesait environ 700 kilos, a nécessité plusieurs taxidermistes pour la recoudre avant qu’elle ne sèche.
Le travail des taxidermistes a évolué au fil du temps, reflétant la connaissance du monde vivant et notre rapport à celui-ci. Des erreurs d’anatomie sur des spécimens anciens témoignent des limites des techniques de l’époque. Aujourd’hui, l’objectif est de représenter au mieux la réalité de la nature pour sensibiliser le public à la protection des espèces.
À l’heure où de nombreuses espèces disparaissent à cause des activités humaines, conserver ces spécimens au Muséum est considéré comme une nécessité pour les générations futures.
Source : RFI




