Quand la douane montre les muscles sur l’autoroute A9
Ce mardi matin, une opération d’envergure a été menée sur l’autoroute A9 à hauteur de Sigean, ciblant les transporteurs espagnols de liquides en citernes. Ce dispositif, régulièrement déployé, vise à rappeler que la lutte contre la francisation est essentielle non seulement pour la conformité réglementaire, mais aussi pour la défense d’un patrimoine et d’une image d’excellence.
Les douaniers ont mobilisé une grande partie de leurs effectifs pour cette opération. Les agents de la brigade de surveillance intérieure (BSI) de Narbonne, incluant des unités piétonnes, motocyclistes et équipes cynophiles, ainsi que les services viticulture de Narbonne et Carcassonne, étaient présents pour garantir la conformité des flux de marchandises sensibles, en particulier le vin importé de la péninsule ibérique.
Le préfet de l’Aude, Alain Bucquet, a précisé que l’objectif n’était pas d’interdire l’importation de vin espagnol, mais de prévenir son rebadgage en vin français, un acte illégal souvent désigné par le terme « francisation ». Ce phénomène est problématique, notamment en raison des différences de prix entre les vins espagnols et français.
La douane utilise divers outils pour surveiller le trafic. Les contrôles de terrain, comme celui-ci, sont souvent une première étape. Grâce aux documents fournis par les chauffeurs, les agents peuvent suivre la destination des produits et effectuer des vérifications chez les négociants pour s’assurer que l’étiquetage est conforme.
Henri Laborda, chef de division aux douanes de l’Aude, a indiqué que ce type d’opération est fréquent, surtout au printemps lors des embouteillages et à l’automne après les vendanges. Les infractions peuvent varier de simples erreurs de déclaration à des fraudes intentionnelles.
Concernant le trafic de vin, il semble que les chiffres avancés par certains vignerons, évoquant une « francisation de masse », ne soient pas corroborés par les contrôles effectués. Au cours des dix dernières années, seulement trois dossiers significatifs ont été ouverts. Ce mardi, plusieurs dizaines de camions ont été inspectés, sans qu’aucune infraction ne soit relevée sur le terrain.
Enfin, des citernes transportant de l’huile d’olive ont également été contrôlées, bien que les questions alimentaires ne relèvent pas de la compétence des services douaniers.
Source : La Dépêche






