Bilharziose en Europe : d’où vient cette maladie parasitaire et comment s’en protéger ?

Bilharziose en Europe : d’où vient cette maladie parasitaire et comment s’en protéger ?

Les schistosomes, de petits vers parasites, sont à l’origine d’une maladie aux conséquences potentiellement graves : la schistosomiase ou bilharziose. Une simple baignade dans des eaux infestées par leurs larves peut suffire à être contaminé. Longtemps cantonnée à certains pays tropicaux, la maladie s’étend désormais au sud de l’Europe, avec des cas récemment recensés en Corse.

Plus de 240 millions de personnes dans le monde vivent avec un parasite dans le corps sans le savoir. Ces individus sont infectés par des vers plats appartenant au genre Schistosoma, transmis par des escargots d’eau douce. La schistosomiase peut entraîner des complications graves, allant jusqu’au cancer du foie ou de la vessie. Bien que la majorité des cas se concentrent en Afrique, en Amérique latine et en Asie, des foyers localisés ont été rapportés en Europe, notamment dans le sud-est de la Corse.

La lutte contre la bilharziose est donc devenue un enjeu de santé publique mondial, nécessitant une vigilance épidémiologique accrue, une coopération internationale renforcée et des stratégies adaptées aux réalités environnementales changeantes.

Une même maladie, différentes manifestations

La bilharziose est transmise par des escargots aquatiques vivant dans les eaux douces. Les larves de schistosomes infectent ces mollusques, se multiplient dans leur organisme, puis sont relâchées dans les eaux environnantes. Elles cherchent ensuite leur hôte final, un mammifère immergé à proximité. Une fois en contact avec la peau, les larves pénètrent dans le corps, passent par le foie, se transforment en adultes et s’installent dans les veines proches de l’intestin ou de la vessie.

Les premiers stades de l’infection peuvent provoquer des irritations cutanées ou de la fièvre, mais la maladie reste souvent silencieuse pendant des mois. Les manifestations cliniques résultent principalement des centaines d’œufs produits quotidiennement par les femelles, certains étant éliminés avec les matières fécales ou les urines, tandis que d’autres restent piégés dans les tissus, causant des lésions et des inflammations.

Types de bilharziose et répartition géographique

La bilharziose présente différentes formes, selon l’espèce de vers impliquée et le type d’escargots vecteurs. Voici un aperçu :

Type de maladie Symptômes Espèce impliquée Répartition géographique
Schistosomiase intestinale Douleurs abdominales, diarrhée, sang dans les selles; hépatomégalie, risque de cancer du foie Schistosoma mansoni Afrique, Moyen-Orient, Caraïbes, Brésil, Venezuela
Schistosomiase urogénitale Hématurie, lésions rénales, risque de cancer de la vessie Schistosoma haematobium Afrique, Moyen-Orient, France (Corse)

Conséquences et mesures de prévention

Pour éviter la transmission de la bilharziose, il est essentiel d’adopter des gestes individuels et de mettre en place des programmes locaux de lutte contre les escargots, ainsi que des campagnes de sensibilisation. Dans les zones endémiques, la participation à des traitements collectifs avec le praziquantel est cruciale pour prévenir les formes chroniques de la maladie.

La réémergence de la bilharziose en Corse met en lumière la vulnérabilité des écosystèmes européens face à cette maladie autrefois perçue comme strictement tropicale. Les modifications environnementales, telles que le changement climatique et l’écotourisme, augmentent le risque d’exposition à des eaux contaminées.

En somme, la bilharziose représente un défi de santé publique qui nécessite une attention particulière, tant au niveau local qu’international, afin de protéger les populations à risque et de contenir l’expansion de cette maladie.

Source : WHO, Centers for Disease Control and Prevention.

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