TÉMOIGNAGES. Accident, handicap : comment le sport-santé peut changer une vie en quelques mois

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Après un accident ou une longue maladie, la reprise d’une activité physique ne relève plus seulement du loisir, mais d’un véritable enjeu de santé publique. Entre l’Activité Physique Adaptée (APA) et les clubs associatifs solidaires, de plus en plus de patients transforment leur rééducation en une renaissance physique et morale.

Pour Elisabeth, tout a basculé il y a trois ans. Une grave chute, une fracture lombaire et des mois d’errance médicale plus tard, le verdict tombe : il faut bouger. Mais pas n’importe comment. C’est vers l’Activité Physique Adaptée (APA) qu’elle a été orientée pour entamer sa reconstruction.

Dans sa salle de remise en forme, le premier défi d’Elisabeth, c’est le tapis de course. Sous l’œil vigilant de Matthieu Garraut, enseignant en APA, elle progresse pas à pas. « Je suis passée de 2 à 3,5 km/h. Je suis ravie et très fière », confie-t-elle avec émotion.

L’objectif ici est purement thérapeutique. Contrairement à une salle de sport classique, chaque séance est préparée en amont pour prévenir les complications. Pour l’enseignant, l’accompagnement est la clé de la réussite. Pour Elisabeth, les bénéfices dépassent largement le cadre physique : « Ça m’a donné l’envie de me mettre en mouvement et ça m’a aidée beaucoup au niveau du moral ».

Si certains préfèrent le cadre clinique, d’autres retrouvent le goût de l’effort au sein de clubs associatifs. C’est le cas de Cédric. Ancien rugbyman devenu hémiplégique après un accident de voiture à l’âge de 19 ans, il pensait ne plus jamais fouler une pelouse. Pourtant, il y a deux ans, il a rejoint les « Rubies Dijon ».

Sur le terrain, le handicap s’efface derrière la solidarité. « Ça me fait vraiment du bien de retrouver la course. Je recours bizarrement, mais j’accélère le pas. Ce qui me permet de retrouver le moi d’avant », explique Cédric. Dans ce club, la performance brute n’existe pas. Comme le souligne Snezhana, licenciée du club : « personne ne va nous juger, personne ne va nous disputer parce qu’on a été moins performants ».

Depuis 2016, la loi permet aux médecins de prescrire des séances de sport. Ce dispositif vise à éviter une rupture brutale après la sortie d’un centre de rééducation. L’idée est de réapprendre à vivre avec son corps tout en recréant du lien social.

Pauline Roger, infirmière et présidente des « Rubies Dijon », insiste sur cette mission de transition : « le but est de les accompagner dans la reprise de la vie professionnelle et de leur montrer qu’on peut toujours faire de l’activité physique pour aider à se réintégrer dans la société ».

L’enjeu est de taille : en France, l’inactivité physique est responsable de près d’un décès sur dix chaque année. Qu’il soit pratiqué en salle ou sur un terrain, le sport-santé s’impose désormais comme un médicament à part entière.

► Avec Alexandre Debray.

Source : France Télévisions

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