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Mieux vaut tard que jamais : à 108 ans, le doyen des Français enfin honoré pour son combat de 1940

Publié le 11/05/2026 à 18h02
Temps de lecture : 5 min

Longtemps oubliés, les soldats français faits prisonniers en 1940 lors de la capitulation du maréchal Pétain commencent seulement à être reconnus. À Carentan-les-Marais, le 9 mai, le Normandy Victory Museum a rendu hommage à Jean Turco, 108 ans, doyen des Français et ancien prisonnier de la Bataille de France.

Le Normandy Victory Museum, un musée consacré à l’histoire du Débarquement, a inauguré une salle au nom de Jean Turco, vétéran de la Seconde Guerre mondiale, honoré pour son engagement durant la Bataille de France en juin 1940. Cet hommage intervient tardivement, car Jean Turco fait partie des soldats français capturés lors de la Bataille de France en juin 1940, lorsque l’Allemagne nazie obtient du maréchal Philippe Pétain la capitulation de la France. Jean Turco déclare : « Nous étions des pestiférés, comme si c’est nous qui avions perdu la guerre. »

Jean Turco, né en 1917, effectuait son service militaire en 1939 lorsqu’il a été envoyé sur la ligne Maginot au début de la « drôle de guerre ». Au moment de la percée allemande au printemps 1940, il combat à Épinal, aux côtés d’environ 150 000 hommes. L’armistice signé le 22 juin 1940 met fin à ces combats. Blessé au bras par un obus, il espère être démobilisé, mais les Allemands lui annoncent qu’il est considéré comme prisonnier de guerre.

L’accord signé entre Philippe Pétain et le Troisième Reich conduit à la capture de 400 000 soldats français, envoyés en Allemagne. Jean Turco est enfermé à Stuttgart, où il passera cinq ans de captivité dans une usine de mécanique. Il tente de s’évader à deux reprises, mais est rattrapé et subit des périodes d’isolement.

À son retour en France après la capitulation allemande en mai 1945, l’accueil est mitigé. « Nous étions des pestiférés », raconte-t-il. Les soldats revenus d’Allemagne portent l’image des capitulards. « Je comprends très bien les journalistes de l’époque. Mais ce n’est pas de notre faute si on avait dépensé des millions pour faire la ligne Maginot », souligne-t-il.

Pendant des décennies, ces soldats ont été oubliés des hommages. Ce n’est qu’avec l’initiative de Florent Plana, guide historien, qu’ils commencent à être reconnus. « En l’espace de 12 ans, j’ai interviewé 1 200 vétérans et je n’avais jamais réussi à rencontrer quelqu’un de la campagne de 1940 », explique-t-il.

Jean Turco, devenu doyen des Français en février dernier et chevalier de la légion d’honneur depuis 2003, voit enfin son histoire mise en lumière. Le professeur d’histoire et cofondateur du musée, Patrick Fissot, déclare : « C’est peut-être un peu tard, mais mieux vaut tard que jamais. »

Une partie de la mémoire de Jean Turco est désormais immortalisée dans l’un des rares musées à mettre en lumière les soldats de la Bataille de France.

Source : France 3 Régions

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