
1er Mai : Boulangers et Fleuristes Satisfaits d’une Ouverture Encadrée, Non Sans Craintes
Le 1er mai, boulangers et fleuristes pourront ouvrir leurs commerces, une décision gouvernementale qui suscite des réactions mitigées. Patrick Riclin, boulanger à Mulhouse, critique le timing de cette annonce, affirmant que « si je gérais mes boutiques comme les politiciens gèrent le pays, on serait mal barré ». Il souligne la précipitation et le caractère tardif de cette mesure, qui impose un doublement de la rémunération des salariés.
Dans ce contexte, Riclin a décidé de garder ses boulangeries fermées, « pour le confort de salariés qui avaient déjà prévu des congés en vue du pont et parce qu’on travaille déjà assez dans l’année ». Cette décision du Premier ministre Sébastien Lecornu, prise il y a une dizaine de jours, vise à clarifier le flou juridique qui entourait l’ouverture des commerces le 1er mai, après que plusieurs boulangeries en Vendée aient été verbalisées pour non-respect du code du travail.
José Arroyo, président de la fédération bas-rhinoise des artisans boulangers, a déclaré que l’an passé, « par peur, on a tous fermé boutique ». Selon lui, la récente décision gouvernementale est un pas dans la bonne direction, notamment pour soutenir les boulangers du sud de la France qui bénéficient d’un afflux touristique durant ce long week-end.
Localement, aucune perte financière significative n’est attendue pour ceux qui choisiront de rester fermés. Arroyo a également conseillé aux 400 boulangeries de la fédération de ne pas faire travailler les apprentis, afin de calmer les tensions avec l’inspection du travail.
Les fleuristes partagent un sentiment similaire. Claire Seguin, présidente de la corporation des fleuristes du Haut-Rhin, a exprimé que cette autorisation d’ouverture est « une bonne chose », après avoir exercé des pressions au niveau national pour clarifier le cadre législatif.
Patrick Clemens, fleuriste à Saverne, ouvrira sa boutique le 1er mai pour profiter de la « niche du muguet ». Il souligne que le muguet nécessite une préparation minutieuse, commandé un mois à l’avance auprès de maraîchers, et que l’autorisation d’ouverture est donc bienvenue. Cependant, il met en garde contre la vente sur voie publique, qui doit respecter des conditions de plus en plus ignorées.
En somme, bien que l’ouverture soit accueillie positivement par certains, des craintes subsistent quant à l’application des nouvelles règles et à l’impact sur les pratiques commerciales.
Source : L’Alsace




