
Kevin Warsh rejette l’étiquette de « marionnette de Trump » lors de son audition au Sénat
Kevin Warsh, candidat désigné pour diriger la Réserve fédérale, a fermement nié avoir conclu des accords secrets avec la Maison-Blanche concernant la politique des taux d’intérêt. Lors de son audition devant la commission bancaire du Sénat américain, Warsh a déclaré qu’il agirait de manière indépendante s’il était confirmé pour remplacer Jerome Powell, malgré les pressions publiques du président Donald Trump en faveur d’une réduction des taux.
La question de son indépendance a été soulevée de manière directe par le sénateur républicain John Kennedy, qui l’a interrogé sur la possibilité qu’il soit une « marionnette humaine » de Trump. Warsh a immédiatement répondu : « Absolument pas. » Ses déclarations interviennent dans un contexte d’inquiétudes au Capitole concernant l’orientation future de la banque centrale, où les élus sont divisés sur sa gestion et sa politique monétaire.
Warsh a précisé que Trump ne lui avait jamais demandé de s’engager sur une trajectoire précise des taux d’intérêt. En conséquence, il a affirmé qu’il n’aurait pas accédé à une telle demande, soulignant l’importance de l’indépendance de la Fed pour la stabilité économique.
L’audition a également révélé les pressions exercées sur la Réserve fédérale, alors que l’inflation est maintenue à 3,3 %. Dans une interview à CNBC, Trump a exprimé sa déception potentielle si Warsh ne procédait pas à des baisses de taux.
Les sénateurs démocrates ont exprimé leur scepticisme, accusant Warsh d’adapter ses positions économiques au climat politique. La sénatrice Elizabeth Warren a qualifié Warsh de « marionnette », insinuant que son arrivée pourrait faciliter une « prise de contrôle illégale » de la Fed.
Malgré le soutien de Trump, la nomination de Warsh fait face à des obstacles au sein du Parti républicain. Le sénateur Thom Tillis a déclaré qu’il ne soutiendrait pas Warsh tant qu’une enquête du département de la Justice sur Jerome Powell serait en cours. Cette enquête vise à déterminer si Powell a commis un parjure lors d’une audition sur le budget de rénovation d’un bâtiment de la Réserve fédérale.
Warsh a également été interrogé sur ses intérêts financiers personnels, notamment des investissements dans des sociétés non cotées, et a assuré que son plan de cession de ses actifs avait été validé par l’Office of Government Ethics.
Avec Powell indiquant son intention de rester au sein du conseil des gouverneurs jusqu’à la fin de son mandat ou jusqu’à la conclusion de l’enquête, la situation pourrait engendrer une dynamique de pouvoir complexe au sein de la Fed.
Source : Euronews




