Violences dans le périscolaire à Paris : Que sait-on des 16 suspects en garde à vue issus de trois écoles ?
À Paris, seize personnes travaillant dans le périscolaire des écoles Saint-Dominique, Rapp et La Rochefoucauld ont vu leur garde à vue prolongée mercredi soir. Certaines d’entre elles étaient déjà suspendues, soupçonnées de violences sexuelles, selon le parquet de Paris.
« Les personnes en garde à vue relèvent de différents statuts », a précisé le ministère public. « Trois sont ASEM (agents spécialisés des écoles maternelles), trois sont REV (responsables éducatifs de la Ville, dans les centres de loisirs) et dix sont des animateurs, contractuels ». Les âges des suspects varient de 18 à 68 ans, étant nés entre janvier 1958 et octobre 2007.
Les enquêtes concernent « des faits de natures et de niveaux de gravité différents, reprochant pour certaines des viols, pour d’autres des agressions sexuelles ou exhibitions sexuelles, et pour d’autres encore des gestes ou comportements décrits comme excessifs voire qualifiables de violences », a expliqué le parquet.
« C’est un grand soulagement pour les familles de constater que la justice n’a pas renoncé à poursuivre les auteurs de ces abominations », a réagi Me Julien Roelens, représentant les parents d’un élève de l’école maternelle Saint-Dominique, qui a porté plainte pour viols.
Au total, le parquet de Paris enquête dans 84 écoles maternelles, une vingtaine d’élémentaires et une dizaine de crèches. Les violences présumées dans le périscolaire sont « tout à fait une urgence », avait assuré la procureure de Paris Laure Beccuau dimanche sur RTL.
Depuis début 2026, 78 agents de la ville de Paris ont été suspendus dans les écoles parisiennes, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles, des chiffres traduisant un caractère « systémique », selon le nouveau maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire. Face à l’ampleur du scandale, il a engagé mi-avril un plan d’action d’un coût de 20 millions d’euros pour le périscolaire, « priorité absolue » de son début de mandat.
Les parents continuent pour leur part de réclamer davantage de mesures. Au-delà de Paris, les collectifs SOS Périscolaire et #MeTooEcole exigent des mesures nationales et une approche interministérielle. À Paris, les syndicats de la profession dénoncent une « politique de répression de la municipalité » qui pratique, selon eux, des « suspensions automatiques » dans une filière en « sous-effectif chronique ». Ils ont appelé à la grève jusqu’au 22 mai.
Source : 20 Minutes




