
Vente de Muguet au Neubourg : Les Fleuristes en Colère
Chaque année, le 1er mai est associé à la vente de brins de muguet, symbole de porte-bonheur. Cependant, cette tradition, bien que tolérée, est entourée d’une réglementation stricte qui suscite des tensions croissantes, notamment au Neubourg (Eure), où les fleuristes expriment leur mécontentement face à des pratiques jugées abusives.
Le 1er mai constitue une exception légale en France : les particuliers peuvent vendre du muguet sur la voie publique sans autorisation préalable. Toutefois, des règles précises encadrent cette pratique. Seuls des brins de muguet sauvage, cueillis en petite quantité, peuvent être proposés à la vente. Il est interdit d’acheter du muguet pour le revendre, de proposer des compositions florales ou d’utiliser des contenants et emballages. Les ventes doivent être occasionnelles, se faire au brin et sans installation fixe, comme des tables. En outre, les vendeurs doivent respecter une distance réglementaire avec les fleuristes pour éviter toute concurrence directe.
Sur le terrain, la situation semble se dégrader. Les fleuristes du Neubourg constatent une augmentation des vendeurs à la sauvette, certains proposant des compositions interdites ou même installant des stands. Thierry Dupont, d’ID Fleurs, dénonce : « Parfois, ils ont des stands plus grands que les nôtres ! » Nathalie Heyma, de Heyma Fleurs, ajoute que « la loi est de moins en moins respectée ».
Cette concurrence déloyale ne remet pas en cause la tradition, mais elle perturbe le marché. « Les enfants et les grands-mères qui veulent vendre leurs brins, ça ne nous dérange pas », précise Isabelle Dupont. Cependant, la présence massive de vendeurs, avec plus de 17 stands recensés derrière l’église l’an dernier, détourne une partie de la clientèle.
La vente de muguet sur la voie publique bénéficie d’une tolérance particulière en France, mais elle doit respecter des conditions strictes. Les fleurs doivent être issues d’une cueillette personnelle, non cultivées, et vendues sans racines ni emballage. Les maires peuvent renforcer ces règles par arrêté municipal.
Face à ces dérives, les fleuristes cherchent des solutions. Ils sollicitent régulièrement la police municipale et, pour la première fois cette année, deux commerçants ont écrit à la maire pour demander un renforcement des contrôles. Isabelle Dupont souligne que le marché du muguet est en déclin : « Avant, c’était une fête qui permettait de se faire une trésorerie, comme la fête des mères. Plus maintenant, les jeunes en achètent moins. »
Si la vente de muguet fait partie intégrante du folklore, les fleuristes rappellent qu’elle doit être encadrée afin de préserver l’équilibre du marché. Sans cela, ce jour traditionnel de célébration pourrait devenir une source de frustration pour les professionnels du secteur.
Source : Actu.fr



