Une enquête archéologique inédite révèle l'origine d'une épave romaine grâce à des grains de pollens vieux de 2000 ans

Une enquête archéologique inédite révèle l’origine d’une épave romaine grâce à des grains de pollen vieux de 2000 ans

Les scientifiques redoublent d’inventivité pour comprendre l’origine de leurs découvertes. Une équipe d’archéologues a analysé des grains de pollen pour déterminer l’origine d’une épave romaine, baptisée Ilovik–Paržine 1, âgée de plusieurs milliers d’années. Cette étude, publiée dans la revue Frontiers in Materials, apporte des éclairages sur le passé de ce navire englouti.

Les chercheurs se sont concentrés sur la couche d’étanchéité du navire, élément essentiel à sa conception, qui piège le pollen grâce à sa texture adhésive. En étudiant le type de pollen et la composition de cette couche de protection, ils ont pu estimer le lieu de fabrication du navire.

Le pollen, un indice de taille pour comprendre l’origine de l’épave

Les grains de pollen analysés suggèrent un lieu de fabrication en Méditerranée. Les scientifiques ont identifié des arbres comme l’olivier, le chêne vert, le pin et le noisetier, typiques des forêts côtières méditerranéennes et adriatiques. Cependant, ces informations ne suffisent pas à déterminer précisément le lieu de fabrication.

Les chercheurs ont également examiné la composition du revêtement de protection de la coque. Ils ont identifié deux matériaux principaux : le goudron de conifère (ou brai) et la résine de conifère chauffée.

La couche d’étanchéité du navire, un autre indice clé

Un échantillon prélevé sur l’épave s’est révélé particulièrement révélateur. Il s’agit d’un mélange de cire d’abeille et de goudron, connu sous le nom de zopissa, utilisé par les constructeurs navals grecs. Les chercheurs estiment que le bateau pourrait avoir été construit à Brundisium, aujourd’hui Brindisi, une hypothèse renforcée par l’origine des grains de pollen.

Armelle Charrié-Duhaut, première autrice de l’étude, souligne que « l’utilisation du brai et de la cire d’abeille par les Grecs est mentionnée dans l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien ». L’identification de ce mélange sur l’épave d’Ilovik–Paržine 1 atteste de la persistance de cette composition dans le contexte adriatique.

Les lieux de navigation du navire romain

Les archéologues ont également constaté la présence de plusieurs couches d’étanchéité, appliquées lors de réparations successives. Le navire aurait ainsi navigué en Méditerranée, effectuant plusieurs arrêts avant de sombrer sur la côte nord-est de l’Adriatique, où il a été retrouvé en 2016.

Cette étude suggère que le navire a navigué entre la côte ouest de l’Adriatique, où il a probablement été construit, et la côte est, avec des déplacements possibles entre le sud et le nord de cette côte orientale.

Source : Frontiers in Materials

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