Affaire Epstein : l’ex-ministre Peter Mandelson libéré sous caution

Affaire Epstein : l’ex-ministre Peter Mandelson libéré sous caution

L’ex-ministre et ambassadeur britannique Peter Mandelson a été libéré sous caution après avoir été interrogé, a annoncé tôt mardi 24 février la police londonienne. Cette enquête porte sur des soupçons de transfert d’informations sensibles au financier et criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, quatre jours après l’interpellation de l’ex-prince Andrew.

Peter Mandelson, figure centrale de la vie politique britannique et ancien ambassadeur du Royaume-Uni à Washington, a été arrêté vers 17 heures lundi, soupçonné de manquements à ses devoirs dans l’exercice de ses fonctions publiques, à la suite d’allégations liées à la dernière série de documents associés à Epstein. La police a précisé dans un communiqué que « un homme de 72 ans, arrêté pour soupçons de faute professionnelle dans l’exercice de ses fonctions publiques, a été remis en liberté sous caution dans l’attente de la poursuite de l’enquête ».

Des images diffusées par la BBC et Sky News montrent Mandelson quittant son domicile du centre de Londres, escorté par deux policiers en civil. Son arrestation survient après l’interpellation de l’ex-prince Andrew, également impliqué dans cette affaire. Ce dernier est soupçonné d’avoir transmis des informations au pédocriminel américain lorsqu’il était représentant spécial du Royaume-Uni pour le Commerce, de 2001 à 2011.

La police londonienne a ouvert une enquête contre Mandelson le 3 février, suite à des documents tirés des dossiers Epstein, publiés fin janvier par le ministère américain de la Justice. Ces documents suggèrent qu’il aurait transmis des informations susceptibles d’influer sur les marchés, notamment durant son mandat au sein du gouvernement travailliste de Gordon Brown, de 2008 à 2010. Des perquisitions ont été menées à deux de ses résidences, à Londres et dans le Wiltshire.

Des documents indiquent également que Mandelson a reçu des versements d’un total de 75 000 dollars (63 200 €) de la part d’Epstein en 2003 et 2004, pour lesquels il a affirmé n’avoir « ni trace ni souvenir ». Ces accusations ont fragilisé le gouvernement travailliste de Keir Starmer, qui a été critiqué pour avoir nommé Mandelson ambassadeur à Washington malgré son lien avec Epstein.

Starmer a présenté des excuses publiques et a vu son chef de cabinet et son directeur de la communication démissionner. Le gouvernement s’est engagé à publier tous les documents liés à la nomination et à la révocation de Peter Mandelson, avec une première tranche attendue début mars, comprenant plus de 100 000 documents, dont des échanges électroniques entre Mandelson et des membres de l’exécutif.

Peter Mandelson n’a pas fait de déclaration publique depuis le début de l’enquête, mais un porte-parole a indiqué qu’il « regrette et regrettera jusqu’à son dernier souffle d’avoir cru aux mensonges d’Epstein concernant ses actes criminels ».

Source : La Croix.

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