
Un vote décisif pour la Région Alsace
La soirée du 7 avril n’aura pas suffi : il a fallu prolonger la discussion le 8 avril pour enfin arriver au vote des députés sur la sortie de l’Alsace du Grand Est et la recréation d’une Région Alsace. Par 131 voix contre 100, avec 12 abstentions, l’Assemblée nationale a adopté la loi « visant à simplifier le millefeuille territorial par la collectivité unique », proposée par la députée alsacienne Brigitte Klinkert.
Depuis la fusion forcée avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne en 2015, une majorité d’Alsaciens rejette la région « Grand Est » et revendique le retour à une région Alsace, avec 80 % des personnes interrogées dans un sondage IFOP-R&PS de 2025. Un premier pas avait été fait en 2021 avec la création de la Collectivité européenne d’Alsace, mais cette entité ne disposait que de pouvoirs très limités. Le vote des députés pourrait marquer la fin d’un déni de démocratie qui dure depuis 11 ans. Toutefois, l’amendement visant à faire voter tous les habitants du Grand Est sur la sortie de l’Alsace a été repoussé. Reste à passer l’obstacle du Sénat, qui pourrait modifier ou rejeter la loi, voire ne pas l’inscrire à son ordre du jour. Ensuite, il faudra appliquer la loi.
Le parti autonomiste alsacien Unser Land a critiqué le Rassemblement National pour avoir voté en faveur de la loi tout en soutenant le rejet d’un amendement qui aurait permis une mise en œuvre rapide. L’extrême-droite cherche à ne pas apparaître hostile aux identités territoriales tout en restant opposée au pouvoir régional.
Par ailleurs, la gauche a voté contre le texte, ce qui a permis à la droite et à l’extrême-droite de se présenter comme défenseurs de l’identité alsacienne. Seuls deux députés de gauche, Peio Duffau et Paul Molac, ont voté pour le texte. Lydie Massard, candidate fédéraliste à l’élection présidentielle, est la seule à s’être prononcée en faveur de la sortie de l’Alsace du Grand Est.
Malgré les incertitudes qui demeurent, ce vote représente un premier coup important porté au découpage technocratique de 2015. Certains opposants à la loi ont exprimé des regrets que seule l’Alsace soit mentionnée, suggérant qu’une réévaluation du découpage territorial pourrait également être bénéfique dans d’autres régions.
Source : Le Peuple Breton.




