
TikTok et META en tête du palmarès de la désinformation en ligne en Europe
Les très grandes plateformes numériques, telles que TikTok, Facebook, Instagram, YouTube, LinkedIn et X (anciennement Twitter), sont confrontées à une crise de désinformation. Soumises au règlement européen sur les services numériques, ces entreprises peinent à respecter les exigences, entraînant une détérioration de la qualité de l’information accessible au public.
La désinformation s’intensifie sur ces plateformes, exacerbée par l’usage croissant d’images générées par l’intelligence artificielle et la monétisation des contenus qui favorisent un engagement élevé. TikTok arrive en tête avec environ 25 % de contenus trompeurs, tandis que Facebook, X, YouTube et Instagram affichent également de mauvais résultats. Notamment, 80 % des contenus liés à la santé sur Instagram sont classés comme désinformation.
Contourner l’opacité des plateformes numériques
Évaluer scientifiquement l’amplification de la désinformation représente un défi majeur, en raison du fonctionnement opaque des services numériques. Pour relever ce défi, un groupe d’organisations de la société civile a lancé le projet de recherche SIMODS, qui se concentre sur l’évaluation de la désinformation sur les très grandes plateformes, c’est-à-dire celles comptant plus de 45 millions d’utilisateurs dans l’Union européenne. L’étude se déroule dans quatre pays européens : la France, l’Espagne, la Pologne et la Slovaquie.
Emmanuel Vincent, directeur et fondateur de Science Feedback, conduit cette étude.
Les plateformes numériques montrent une réticence à respecter les exigences d’accès aux données pour la recherche. À l’exception de YouTube et Facebook, elles ne partagent aucune information concernant la monétisation des contenus. Selon des données, 80 % des comptes partageant de la désinformation sur YouTube sont monétisés, et 90 % des sources crédibles le sont également. Pour Facebook, moins de 50 % des comptes diffusant de la désinformation sont monétisés.
La transparence est donc un enjeu de sécurité publique, et le rapport recommande aux régulateurs européens et aux entreprises de services numériques de fournir des informations sur leur fonctionnement interne.
Cette série d’émissions sur « L’Europe face aux menaces informationnelles » s’inscrit dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l’Union européenne, en partenariat avec France 24, l’AFP, et le média d’investigation slovène Oštro.
Source : Science Feedback, RFI.




