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Témoignages : « J’ai envie de pousser mes objectifs encore plus loin »

Deuxième femme française envoyée dans l’espace, Sophie Adenot participe à de nombreuses expériences scientifiques, dont certaines visent à attirer les jeunes filles vers des carrières scientifiques et techniques, où elles sont souvent sous-représentées.

Sur la table de chevet de Jeanne, 13 ans, collégienne du Val-d’Oise, se trouvent des livres sur l’astrophysique. Elle lit actuellement L’Univers expliqué à mes petits-enfants de Hubert Reeves et a récemment apprécié les ouvrages de Thomas Pesquet. Passionnée par l’espace, elle suivra avec attention l’intervention de son idole, Sophie Adenot, lors du journal de 20 heures de France 2 depuis la station spatiale internationale (ISS). Jeanne déclare : « Thomas Pesquet m’a fait m’intéresser aux sciences, mais c’est surtout Sophie qui m’a donné cette passion. »

Malgré la tendance de ses amies à abandonner les matières scientifiques à l’entrée au lycée, Jeanne envisage de poursuivre les sciences. Selon une étude du ministère de l’Éducation nationale, à la rentrée 2025, les filles étaient encore « particulièrement sous-représentées » dans plusieurs disciplines scientifiques : 14,2 % en sciences de l’ingénieur, 15 % en sciences informatiques et numériques, et 41,8 % en mathématiques.

Ce déséquilibre s’explique en partie par la réforme de 2019, qui a supprimé certaines séries au lycée, entraînant une baisse de 60 % du nombre de jeunes filles dans les disciplines scientifiques. Pour remédier à cette situation, un plan « maths et filles » a été lancé, visant à inciter les jeunes filles à se tourner vers les formations scientifiques, dans un contexte où chaque année, il manque en France plus de 20 000 ingénieurs et 60 000 techniciens.

Une fois le bac en poche, les femmes ne représentent que 29,8 % des effectifs des formations d’ingénieurs. Alizée Cinquin, présidente de l’association Sciences for Girls, souligne que les jeunes filles s’orientent souvent vers la médecine, renforçant ainsi des clichés de genre. En revanche, une majorité d’étudiantes, 68 %, choisit des études de santé.

Pour contrer cette tendance, Sophie Adenot participera à l’expérience éducative ChlorISS, au cours de laquelle elle fera pousser des plantes dans l’ISS avec 4 500 classes françaises. Cette initiative vise à éveiller l’intérêt des élèves pour le spatial et à les attirer vers des carrières scientifiques et techniques.

À Marseille, l’arrivée de Sophie Adenot a inspiré Joudya Kebdani, 16 ans, qui envisageait une carrière médicale. Elle déclare : « Si elle est dans l’espace, moi, je peux accomplir plein de choses sur Terre. Cela me donne envie de pousser mes objectifs encore plus loin. »

Isabelle Huet, directrice générale de l’association Elles bougent, souligne l’importance de modèles féminins dans les métiers techniques, où les femmes ne représentent que 24 % des ingénieures et 15 % des techniciennes. Elle insiste sur la nécessité de valoriser ces métiers, accessibles avec des formations de niveau bac+2 ou bac+3.

Les témoignages d’élèves et d’enseignants montrent que la mission de Sophie Adenot pourrait susciter un intérêt accru pour les sciences, permettant ainsi de réduire les inégalités qui commencent dès le plus jeune âge.

Source : Franceinfo.

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