L'Europe face aux menaces informationnelles (épisode 4) : élections en Hongrie - Les dessous de l'infox

L’Europe face aux menaces informationnelles (épisode 4) : Élections en Hongrie – Les dessous de l’infox

Les Hongrois votent dimanche 12 avril 2026, dans un pays où le parti au pouvoir exerce une emprise totale sur les grands médias et utilise massivement l’intelligence artificielle pour discréditer l’adversaire. Cependant, la bataille se joue également sur les réseaux sociaux, où les candidats de l’opposition et les médias indépendants parviennent à se faire entendre. À la veille du scrutin, Viktor Orban semble en mauvaise posture. Les stratégies d’infox, d’IA et de propagande d’État ne semblent pas lui être favorables.

Dans la dernière ligne droite de la campagne électorale en Hongrie, la désinformation est omniprésente. L’utilisation d’images générées par l’intelligence artificielle est devenue un outil central de la propagande du Fidesz de Viktor Orban. Malgré la domination médiatique du parti, l’opposition, très active sur les grandes plateformes, ainsi que les médias indépendants en ligne, continuent de multiplier les révélations compromettantes pour le pouvoir.

Szuszanna Zelenyi, politologue à la Central European University de Budapest, a récemment publié un ouvrage intitulé « Démocratie corrompue, Viktor Orban et la subversion de la démocratie ». Ancienne membre du Parlement hongrois, elle souligne que même si Péter Magyar, le candidat de l’opposition, bénéficie d’une avance significative dans les sondages, cela ne garantit pas sa victoire. Elle déclare : « Les règles électorales sont tellement faussées, et la domination médiatique du Fidesz est incroyable. »

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Les affiches financées par le Fidesz, visant à discréditer le candidat Magyar, sont omniprésentes dans les rues de Budapest. Pour Pal Daniel Renyi, journaliste à Magyar Jeti, l’instrumentalisation de la peur par le gouvernement ne fonctionne plus : « Les gens sont épuisés d’avoir peur en permanence. »

Szilard Teczar, du site de fact-checking Lakhmusz, note que la propagande du Fidesz a des effets à long terme, mais souligne également que le fact-checking encourage la pensée critique et la vérification des faits.

Ingérence et inversion accusatoire

En difficulté sur le plan domestique, le Fidesz cherche à mobiliser un soutien international, notamment de la part de la Russie et des États-Unis. Le vice-président américain JD Vance a récemment visité Budapest pour soutenir Viktor Orban, accusant l’Europe d’ingérence en raison de la suspension des financements de l’UE à la Hongrie. En réponse, Péter Magyar a axé sa campagne sur la dénonciation de la corruption, un thème qui trouve un écho favorable sur les réseaux sociaux.

Erik Uszkiewicz, à la tête du Centre pour le journalisme indépendant, indique que beaucoup de Hongrois ne connaissent pas JD Vance, ce qui pourrait atténuer l’impact de cette ingérence. Gabor Poliak, fondateur de l’ONG Mertek Media Monitor, ajoute que l’efficacité de la propagande dépend du contexte économique, qui était plus favorable avant 2020.

Ces éléments permettent d’expliquer pourquoi, à la veille du scrutin, l’opposition continue de devancer le parti au pouvoir dans les sondages, malgré le contrôle médiatique du Fidesz.

Cette série d’émissions sur « L’Europe face aux menaces informationnelles » s’inscrit dans le projet CLIC, cofinancé par l’Union européenne, en partenariat avec France 24, l’AFP, et le média d’investigation slovène Oštro.

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