
Exploitation de travailleurs agricoles : deux rabatteurs condamnés à Montauban
Le tribunal correctionnel de Montauban a condamné, mardi, deux individus à des peines de prison avec sursis pour avoir fait venir des travailleurs illégaux du Maroc entre 2023 et 2025 pour travailler dans le secteur agricole. Selon l’enquête, 278 ouvriers agricoles ont été victimes d’un système qualifié par le procureur d’« exploitation de la misère humaine ». Seuls deux travailleurs marocains ont déposé plainte et recevront 10 000 euros pour préjudice moral et matériel, ainsi que 600 euros pour les frais d’avocat.
Les deux prévenus ont été reconnus coupables d’escroquerie, de fraude sociale et de travail dissimulé dans les communes de Montauban et Montalzat. En plus des peines de prison avec sursis, ils se voient infliger une interdiction d’exercer toute activité professionnelle en lien avec l’agriculture pendant cinq ans. Ils étaient accusés d’avoir fait venir des saisonniers marocains, leur demandant 10 000 euros sans garantie de salaire ni de papiers, certains se retrouvant dans des conditions précaires, contraints de dormir à la rue.
Condamnés à verser près de 800 000 euros
La peine prononcée est inférieure aux réquisitions du ministère public, qui avait demandé trois ans de prison avec sursis pour l’homme et un an pour la femme, ainsi qu’une interdiction de 15 ans d’exercer dans le secteur agricole. Les prévenus devront également verser 776 000 euros à la Mutualité sociale agricole (MSA), partie civile dans cette affaire. Les juges ont ordonné la saisie d’une montre de luxe et de 12 000 euros sur les comptes des deux condamnés.
Le Tarn-et-Garonne est le premier producteur français de pommes et de prunes et le deuxième producteur de kiwis, employant en moyenne 22 000 saisonniers chaque année pour la cueillette des fruits et l’entretien des parcelles. Cette main-d’œuvre provient majoritairement du Maroc, de Bulgarie et d’Espagne.
Source : Tribunal correctionnel de Montauban.





