Tapis rouge et prix vert : à côté de Cannes, une récompense pour les films écoresponsables

Tapis rouge et prix vert : à côté de Cannes, une récompense pour les films écoresponsables

Lors de l’ouverture du Festival de Cannes, le 12 mai, l’actrice Jane Fonda a déclaré : « Le cinéma a toujours été un acte de résistance parce que nous racontons des histoires, et les histoires représentent ce qui construit une civilisation. » Cette déclaration résonne particulièrement, alors que le prix Ecoprod a été remis le 15 mai sur le voilier Blue Panda de l’association WWF France. Le cinéma, dans ses diverses facettes, est appelé à adopter une résistance écologique, tant à l’écran que dans les coulisses de la production.

En moyenne, une heure de contenu cinématographique génère environ 16 tonnes de CO₂ équivalent, ce qui correspond à l’empreinte carbone d’un trajet de 70 000 kilomètres en voiture à essence, soit 1,8 fois le tour de la Terre, ou à l’empreinte carbone annuelle de 1,7 Français, selon Ecoprod, l’association à l’origine de ce prix.

Cependant, la transition vers une production écoresponsable n’est pas encore largement adoptée dans le secteur du cinéma. Parmi la centaine de films sélectionnés pour le Festival de Cannes, seules treize équipes ont soumis leur candidature pour le prix Ecoprod. Pauline Landais, cheffe de projet économie circulaire d’Ecoprod, souligne que malgré les sollicitations, les démarches d’écoresponsabilité restent marginales.

Institué en 2021 pour contrer cette problématique, le prix Ecoprod récompense des équipes qui s’efforcent de minimiser leur impact environnemental, notamment par des initiatives en matière de transport, de décors, d’hébergement et d’alimentation. Les membres du jury examinent les dossiers d’écoproduction plutôt que les films eux-mêmes, ce qui témoigne de l’importance de la démarche.

À partir du 1ᵉʳ janvier 2024, les producteurs souhaitant obtenir une subvention du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) devront soumettre un bilan carbone prévisionnel et un bilan définitif des émissions de carbone résultant de leurs productions. Des outils, comme un calculateur carbone homologué par le CNC, ont été développés pour les aider dans cette démarche. De plus, une prime de 28 000 euros est offerte aux productions respectant des engagements de sobriété.

Pour atteindre une réduction de 35 % des émissions de carbone, comme l’a réalisé le film Soudain, récompensé par l’Ecoprod 2026, une volonté collective au sein de l’équipe de production est essentielle.

Le film Soudain, réalisé par Ryūsuke Hamaguchi, a su contourner les défis d’une coproduction internationale en limitant les déplacements. La majorité des techniciens ont été recrutés localement au Japon, réduisant ainsi les émissions liées aux voyages.

De même, le film Notre Salut, qui évoque les années 1940, a reçu une mention spéciale du jury pour son approche écoresponsable. L’équipe a réalisé un travail de repérage méticuleux dans des lieux historiques pour éviter les décors artificiels coûteux.

Les deux films se démarquent par leur engagement envers des pratiques durables. Les équipes ont opté pour des repas à base de produits locaux et de saison, majoritairement végétariens. L’équipe de Soudain a également privilégié l’ameublement de seconde main, laissant derrière elle des éléments construits pour le film, afin de bénéficier aux résidents de l’établissement où le tournage a eu lieu.

Enfin, une formation à l’humanitude a été proposée aux équipes, visant à respecter la dignité des personnes dépendantes, renforçant ainsi le lien entre conscience écologique et sens du collectif.

Source : Reporterre.

Source
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire