
La famille de Dennis, un détenu schizophrène, a déposé mercredi un recours devant le tribunal administratif de Melun pour engager la responsabilité de l’État suite à son suicide dans sa cellule à la maison d’arrêt de Fresnes en janvier 2023. Ce recours s’inscrit en parallèle d’un appel concernant une information judiciaire pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger, qui avait été classée sans suite en mai 2025, selon des documents consultés par l’AFP.
Dennis, connu pour ses tendances suicidaires, avait été placé en détention provisoire en mars 2021 après avoir été mis en examen pour viol et agression sexuelle. Il a été retrouvé pendu dans sa cellule le 23 janvier 2023. Malgré le non-lieu, la famille estime qu’une faute a été « commise par l’administration pénitentiaire » en raison de l’absence d’une prise en charge adaptée. En janvier, elle avait déjà déposé une demande d’indemnisation, restée sans réponse.
La famille réclame l’annulation de ce refus implicite et demande 360 000 euros pour les préjudices subis, citant des « négligences dans la surveillance » et une « désorganisation du service » qui aurait entravé le processus de réanimation. Me Antoine Ory, avocat de la famille, a souligné que ce dossier est révélateur du traitement réservé aux détenus souffrant de pathologies psychiatriques, affirmant que « de nombreux signaux d’alerte n’ont hélas pas été entendus par l’administration pénitentiaire ».
L’administration pénitentiaire a réagi en déclarant que Dennis avait bénéficié d’une prise en charge psychiatrique adéquate et d’un suivi régulier jusqu’à quelques jours avant sa mort. Elle a également affirmé qu’il n’y avait pas de preuves à ce stade de fautes de la part du personnel.
La prison de Fresnes, construite à la fin du XIXe siècle, est l’une des plus vétustes de France. Un rapport du Comité européen pour la prévention de la torture, publié en janvier, a révélé un nombre croissant de détenus présentant des troubles mentaux sévères, alors que la prise en charge psychiatrique est souvent limitée par un manque de professionnels.
Selon l’Observatoire international des prisons, en France, un décès survient en moyenne tous les deux ou trois jours en milieu carcéral, la plupart du temps par suicide.
(Source : AFP)





