
Médecins étrangers : le gouvernement promet de simplifier les titularisations des Padhue face à la désertification médicale
Le ministère de la Santé a annoncé, ce mercredi 29 avril, la préparation d’un texte de loi visant à simplifier la procédure de titularisation des praticiens diplômés hors de l’Union européenne (Padhue). Cette mesure est attendue par des milliers de professionnels de santé exerçant en France dans des conditions précaires.
Le président Emmanuel Macron a exprimé son mécontentement concernant la situation des Padhue, notamment ceux d’Algérie, qui doivent repasser des concours pour obtenir leur titularisation et exercer dans les mêmes conditions que leurs confrères européens, après parfois plusieurs années de pratique à l’hôpital. Le gouvernement s’engage à « simplifier » ces procédures et prévoit de lancer prochainement des concertations avec des acteurs du secteur, tels que les ordres professionnels et les représentants des Padhue.
Actuellement, pour être titularisés, les Padhue doivent passer des épreuves de vérification des connaissances (EVC) et suivre un parcours de consolidation des compétences (PCC), un stage de deux ans. Le ministère souhaite modifier ces EVC pour mettre fin à la logique de concours, qui pourrait entraîner des déplacements non souhaités des praticiens, et envisager une évaluation en lien avec l’établissement où ils travaillent.
En 2025, la région Centre-Val de Loire avait obtenu 191 postes de Padhue, principalement dans les départements les moins pourvus en médecins, tels que l’Indre, l’Eure-et-Loir et le Cher. Pour la deuxième année consécutive, les lauréats ont pu effectuer leur parcours de consolidation dans l’établissement hospitalier qu’ils connaissent déjà, une mesure qui vise à stabiliser les équipes médicales.
Le ministère souligne que ces médecins sont essentiels pour améliorer l’accès aux soins, et des efforts ont déjà été réalisés pour simplifier leur parcours depuis 2019. Les ex-Padhue devenus titulaires représentaient 9,2 % des médecins en activité régulière au 1er janvier 2026, contre 4,1 % en 2010. Une étude de 2025 révèle que la majorité d’entre eux est diplômée d’Algérie (38,6 %), suivie de la Tunisie (16 %) et de la Syrie (8,3 %).
La proportion d’anciens Padhue varie considérablement d’un département à l’autre, atteignant jusqu’à 29,6 % dans l’Aisne, tandis qu’elle est de seulement 1,4 % dans les Pyrénées-Atlantiques. Cette variation est souvent plus marquée dans les zones périurbaines et rurales défavorisées.
Source : France 3 Régions




