Semer la ruine : L’effacement comme stratégie israélienne
La politique israélienne à Gaza et au Sud-Liban s’inscrit dans une logique de destruction systématique, visant à transformer les paysages dévastés en institutions de punition. Cette stratégie, qualifiée par certains de génocidaire, s’accompagne de l’écrasement des corps, de la destruction des infrastructures vitales et de la désorganisation de la vie collective. Les hôpitaux, écoles, lieux de culte, marchés et administrations sont touchés, rendant le retour impossible pour les habitants.
À Gaza, cette politique de la ruine vise à compromettre l’avenir biologique et politique de la société palestinienne. Dans le Sud-Liban, elle facilite l’occupation israélienne et provoque le déplacement des populations libanaises, créant des zones inhabitées.
La destruction ne se limite pas aux bâtiments. Elle s’attaque à la continuité de la vie sociale, rendant les lieux étrangers à leurs anciens habitants. La ruine, qui se manifeste par des pertes d’abri et de voisinage, affecte profondément les souvenirs et les identités des survivants.
La destruction des archives et des preuves de propriété constitue un aspect essentiel de cette stratégie. Les titres fonciers, actes notariés et autres documents cruciaux sont souvent détruits, créant un chaos qui complique la revendication des droits sur les terres. Les survivants se retrouvent ainsi face à une double perte : celle de leur maison et celle de leur existence sociale.
En dépit de cette politique de ruine, la vie continue. Les enfants naissent, des classes improvisées se forment et des voix s’élèvent pour raconter l’histoire de ces terres. Cette résilience ne doit pas être interprétée comme une consolation, mais plutôt comme une affirmation de la persistance de la vie face à la destruction.
Les conséquences de cette stratégie sont profondes et durables, laissant des cicatrices sur les générations à venir. Les enfants grandissent avec la mémoire de ce qui a été perdu, apprenant les noms des lieux à partir de ce qui a disparu.
Dans ce contexte, la lutte pour le retour et la reconnaissance des droits continue, tant à Gaza qu’au Sud-Liban.
Source : Orient XXI




