
Repenser la lutte contre la désinformation à l’aune des sciences cognitives
Nous sommes tous vulnérables face aux fausses informations. Selon un rapport de l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel français, plus d’un sondé sur cinq a jugé exacte une fausse information. Face à ce constat, faut-il repenser la lutte contre la désinformation ? Comment renforcer notre résilience individuelle et collective ?
Selon un rapport de l’Arcom publié le 24 mars 2026, 97% des Français déclarent être exposés à des fausses informations, tandis que 80% des sondés considèrent qu’il est indispensable de lutter contre la désinformation. Ces chiffres, basés sur une étude déclarative, illustrent un phénomène ancien. Grégoire Darcy, doctorant en sciences cognitives à l’Institut Jean Nicod, souligne que « ce n’est pas forcément nouveau ». En effet, l’OMS avait déjà évoqué en 2020 le terme d’infodémie pour désigner la diffusion massive de désinformation. De plus, le United Nations Global Risk Report classe la désinformation parmi les principales causes de vigilance à court terme. Darcy rappelle que l’homme n’a pas attendu Internet pour inventer le mensonge, notant des traces de désinformation datant du XIVe siècle avant Jésus-Christ.
« La désinformation n’est pas seulement un problème de crédulité, mais une cognition sociale et identitaire qui influence l’adhésion à ces fausses informations », explique Darcy. Actuellement, les politiques publiques peinent à s’attaquer efficacement aux racines du problème. « Si on attaque la désinformation avec des politiques individuelles comme le fact-checking ou l’éducation aux médias, sans traiter les causes structurelles, on écope dans un bateau qui coule sans jamais colmater la brèche », conclut-il.
Influence de la Russie sur les médias ouest-africains
Une fuite de documents inédits révèle comment la Russie a infiltré la presse locale en Afrique. 1 431 pages de dossiers internes à la « Compagnie », une entité liée au Kremlin, ont été envoyées anonymement au média panafricain The Continent. Ces documents montrent les opérations d’influence menées par Moscou pour diffuser des articles dans 35 médias francophones ouest-africains.
Avec un consortium international de médias coordonné par Forbidden Stories, la rédaction des Observateurs de France 24 a analysé ces documents, mettant en lumière la vulnérabilité de ces médias face aux ingérences extérieures.
CAN 2026 : l’IA au cœur de la polémique
La récente décision de la Confédération africaine de football (CAF) de déclarer le Sénégal forfait et de couronner le Maroc champion de la CAN 2026 a suscité une forte controverse sur les réseaux sociaux. Dans ce contexte, plusieurs fausses informations circulent, notamment sous forme de vidéos générées par intelligence artificielle. Ces clips montrent des supporters marocains prenant la défense des Sénégalais, mais ils sont trompeurs.
Olivier Fourt, journaliste à la cellule Info Vérif de RFI, note que ces images ont totalisé des millions de vues, notamment sur TikTok.
Source : Arcom, France 24.






