Que va-t-il se passer en Nouvelle-Calédonie, après le rejet de l'accord de Bougival par les indépendantistes du FLNKS ? – franceinfo

Nouvelle-Calédonie : Rejet de l’accord de Bougival par le FLNKS et ses conséquences

Le 13 août, le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) a officiellement rejeté l’accord de Bougival, qui avait été signé en juillet dernier. Ce texte prévoyait notamment la création d’une nationalité calédonienne et le transfert de certaines compétences régaliennes, telles que la monnaie, la justice et la police, au pouvoir exécutif de Nouvelle-Calédonie.

Dominique Fochi, secrétaire général de l’Union calédonienne et membre du bureau politique du FLNKS, a justifié cette décision par son « incompatibilité avec les fondements et acquis de notre lutte ». Christian Tein, président du FLNKS, a dénoncé un « accord à marche forcée » proposé par le gouvernement français, affirmant qu’il était humiliant pour le peuple kanak et que la délégation ayant négocié l’accord à Paris n’avait pas reçu de mandat.

Cette décision a des répercussions importantes sur le paysage politique de l’archipel. Manuel Valls, ministre des Outre-mer, avait prévu de se rendre en Nouvelle-Calédonie pour tenter de relancer le dialogue, mais se retrouve désormais face à une impasse. Les indépendantistes exigent des élections provinciales en novembre, alors que les non-indépendantistes souhaitent les reporter à 2026, comme prévu dans l’accord de Bougival.

Les indépendantistes envisagent également de « ouvrir le dialogue » pour signer un nouvel accord de Kanaky le 24 septembre 2025, visant à accéder à la pleine souveraineté avant l’élection présidentielle de 2027. Cependant, le processus de négociation est actuellement à l’arrêt, car l’accord de Bougival ne peut être validé sans l’aval du FLNKS.

Les tensions entre les deux camps restent vives, avec des inquiétudes croissantes concernant une possible escalade des violences, similaire à celles observées lors des émeutes de 2024. Les non-indépendantistes craignent que le rejet de l’accord par le FLNKS ne soit perçu comme une forme de chantage à la violence.

Pour l’heure, l’accord de Nouméa de 1998, qui régule la décolonisation de l’archipel, continue de s’appliquer tant qu’aucun nouvel accord n’est établi. Cela implique que les élections provinciales doivent avoir lieu en novembre 2025, conformément aux dispositions existantes.

Les discussions entre les acteurs politiques de Nouvelle-Calédonie sont donc cruciales pour déterminer l’avenir de l’archipel et la possibilité d’un accord viable.

Source : franceinfo

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