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Recyclage des batteries électriques de véhicules : inquiétude sur la filière
Les voitures électriques sont de plus en plus nombreuses à sillonner les routes du territoire. En 2020, on en comptait seulement 328. Cinq ans plus tard, leur nombre a explosé, atteignant 3 300 véhicules en 2025, soit une augmentation de 906%.
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Les atouts de ces voitures sont nombreux dans nos îles. Les variations des prix des carburants n’impactent pas les budgets de leurs propriétaires. De plus, il est possible de les recharger à l’énergie solaire. Enfin, les besoins en autonomie sont moindres en Guadeloupe, comparés à ceux de l’Hexagone, en raison des plus courtes distances parcourues localement. Cependant, une ombre plane sur le marché de l’électrique : le recyclage des batteries usées.
Le recyclage des batteries de voiture électriques : un nouveau métier
Pour bien comprendre l’enjeu du recyclage de ces équipements spécifiques, nous nous sommes rendus à la société Nouvelle de Récupération. Sur place, les voitures usagées sont réduites en miettes, avant d’être expédiées dans l’Hexagone pour le recyclage de leur métal. Pendant ce processus, la batterie, faite de plomb, est retirée et placée sur des palettes pour être envoyée de l’autre côté de l’Atlantique. Cependant, les batteries des voitures électriques ne peuvent bénéficier de la même prise en charge.
Jean-Régis Biales, gérant de la société, explique : « Du fait qu’on n’a pas encore l’autorisation administrative de le faire ; c’est en cours, les demandes sont lancées. Mais c’est un tout nouveau métier qui s’ouvre à nous. Aujourd’hui, on fait tout ce qui concerne les véhicules essence et diesel, mais les véhicules électriques, c’est un nouveau métier puisqu’il faut être électricien pour toucher à ça. »
Un équipement sensible, voire dangereux
Les batteries au lithium présentent des risques en cas d’incendie. En janvier dernier, des flammes impressionnantes avaient ravagé un entrepôt au Gosier où se trouvaient des batteries de vélo au lithium. Le commandant Gilles Bissainthe, qui encadrait l’opération des sapeurs-pompiers, a déclaré : « La température a affecté les batteries au lithium. Et, à ce moment-là, montée en puissance, emballement thermique. »
Un incendie lié à une batterie au lithium peut atteindre des températures de 800 à 1000 degrés, entraînant des risques secondaires tels que des explosions et des effets toxiques. Bien que ces incendies restent relativement rares, avec trois feux de voiture électrique recensés en Guadeloupe en 2025, il est crucial de faire preuve d’une vigilance extrême, notamment lors des réparations.
Des équipements que les transporteurs maritimes refusent à leur bord
Actuellement, les batteries usagées au lithium ne sont plus acceptées sur les porte-conteneurs de la CMA-CGM, ce qui entraîne leur accumulation chez les concessionnaires. Un d’entre eux a reconnu détenir 200 batteries usagées, mais n’a pas souhaité les montrer. Cette situation pose un risque pour le marché de l’automobile électrique en Guadeloupe. Si l’incapacité de réexpédier les batteries électriques perdure, les concessionnaires pourraient être contraints de cesser la vente de nouvelles voitures dites « propres ».
Seule lueur d’espoir : une filiale de la CMA-CGM pourrait prochainement mettre en place cinq conteneurs spécialement conçus pour les batteries au lithium, à l’aide d’un système de sarcophage. Annoncés pour mars, ils se font encore attendre, laissant toute la filière suspendue à cette solution.
Source : La1ere.fr





