
Titre : La Nouvelle-Zélande renonce à la statue des « femmes de réconfort » face aux pressions japonaises
Le conseil municipal d’Auckland, la plus grande ville de Nouvelle-Zélande, a décidé de ne pas installer une statue dédiée aux « femmes de réconfort », un hommage aux victimes de l’esclavage sexuel par l’armée japonaise durant la Seconde Guerre mondiale. Cette décision, prise le 28 avril, fait suite à une consultation publique où 60 % des votants se sont opposés à l’édification de la statue, qui devait être placée dans un jardin culturel coréen.
Les « femmes de réconfort » désignent environ 200 000 femmes asiatiques, principalement sud-coréennes, mais aussi chinoises et indonésiennes, qui ont été contraintes de travailler comme esclaves sexuelles par l’armée impériale japonaise dans les années 1940. Ces femmes ont souvent été recrutées sous de faux prétextes et ont enduré des conditions de vie extrêmement difficiles.
Le projet de la statue avait été initialement approuvé par les autorités locales en juin 2025, mais après une prise de conscience du caractère sensible de son symbole, le conseil local a suspendu son approbation. La consultation a révélé une division parmi la population, avec une forte opposition provenant de résidents d’origine japonaise et coréenne.
L’affaire a pris une dimension internationale lorsque l’ambassadeur du Japon en Nouvelle-Zélande a exprimé des préoccupations quant à l’impact potentiel de la statue sur les relations diplomatiques entre les deux pays. Le gouvernement japonais a également formellement protesté auprès des autorités néo-zélandaises, soulignant que cette statue était perçue comme un symbole d’un mouvement anti-japonais.
Le refus d’ériger la statue s’inscrit dans un contexte plus large de tensions diplomatiques liées à la mémoire historique. Depuis l’installation de la première statue de la paix à Séoul en 2011, d’autres monuments similaires ont été érigés à l’étranger, mais ont souvent été confrontés à des réactions hostiles du gouvernement japonais. Des villes comme San Francisco et Berlin ont également vu leurs projets de statues annulés sous la pression japonaise.
Malgré des excuses publiques, le Japon n’a jamais reconnu sa responsabilité dans cette question. Le gouvernement considère l’affaire réglée depuis un accord de 2015 avec Séoul, qui n’a pas satisfait les revendications des victimes.
Cette situation souligne la complexité des relations diplomatiques en Asie, où la mémoire des événements historiques continue d’affecter les interactions contemporaines.
Source : RFI






