Être reconnu victime d'un accident du travail après un échange trop vif avec son employeur, c'est désormais possible en France

Reconnaissance d’un accident du travail après un échange houleux avec un supérieur : un tournant en France

Un jugement récent de la cour d’appel a établi qu’un échange trop vif avec un employeur peut être reconnu comme un accident du travail. Cette décision fait suite à une affaire survenue en octobre 2017, où une salariée, responsable de la paie et du personnel, a été victime d’un choc psychologique après une altercation avec son supérieur hiérarchique.

Ce jour-là, le directeur des ressources humaines a interrompu la salariée dans son travail pour lui ordonner de rédiger des contrats de travail, ce qu’elle a refusé. Le ton de l’échange est monté, le supérieur ayant, selon les déclarations de la salariée, élevé la voix et agi de manière intimidante. Après l’incident, la salariée a ressenti des symptômes de choc, se rendant immédiatement au service médical, où son état a été consigné.

Un certificat médical a été établi, mentionnant un choc traumatique psychologique, des céphalées et une forte angoisse. Bien que l’employeur ait déclaré l’accident du travail dans les 48 heures, il a exprimé des réserves, le qualifiant d’échange professionnel habituel.

La caisse d’assurance maladie a d’abord refusé de reconnaître l’accident comme professionnel, mais une enquête a révélé que plusieurs collègues avaient confirmé l’existence de l’altercation. La salariée a alors engagé des recours, et en août 2022, les juges de première instance ont reconnu l’accident du travail.

La caisse a interjeté appel, soutenant que la salariée ne prouvait pas l’existence d’un fait accidentel distinct. Cependant, la cour d’appel a rappelé qu’un accident du travail peut inclure des lésions psychologiques, tant qu’un événement précis survenant au travail a provoqué un choc.

Roman Guichard, avocat en droit du travail, souligne que l’accident du travail est défini comme un événement soudain lié au travail, engendrant une lésion, y compris psychologique. La présomption d’origine professionnelle a été appliquée dans ce cas, et la caisse a été déboutée.

Cette décision marque un changement significatif dans la reconnaissance des atteintes psychiques au travail, ouvrant la voie à une meilleure protection des salariés face à des situations souvent banalisées.

Source : Le Figaro

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