4 000 chauves-souris tuées en Guadeloupe et jetées dans une rivière

Destruction massive de chauves-souris en Guadeloupe : 4 000 spécimens tués par un particulier

En 2024, un homme, désigné comme Monsieur C, a causé la mort de 4 000 chauves-souris en Guadeloupe. Ces animaux avaient trouvé refuge dans un espace que l’individu souhaitait aménager. Pour les éliminer, il a mis le feu à un pneu, provoquant des fumées toxiques qui ont détruit ces milliers de spécimens. Par la suite, il a décidé de les jeter dans des sacs poubelles, puis dans une rivière, avec l’aide de deux complices. Les trois personnes ont été reconnues coupables d’atteinte à des espèces protégées. L’association France Nature Environnement (FNE) s’est portée partie civile aux côtés de la Société Française pour l’Étude et la Protection des Mammifères (SFEPM) et de l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS).

Contexte factuel

La Guadeloupe abrite 14 espèces de chauves-souris, ce qui en fait l’archipel avec la plus grande diversité de chiroptères dans les Petites Antilles. Malheureusement, la moitié de ces espèces est menacée. Parmi elles, la Brachyphylle des Antilles, omnivore, joue un rôle crucial dans l’équilibre de la biodiversité locale, notamment en matière de pollinisation. En raison de leur longue espérance de vie, qui peut atteindre 20 ans, et d’un faible taux de reproduction, ces espèces sont particulièrement vulnérables aux pressions anthropiques telles que la déforestation, le braconnage, l’utilisation de pesticides et les destructions volontaires.

Protection des espèces

Face à ces menaces, le législateur a mis en place une protection stricte pour ces espèces. Elles figurent sur la Liste rouge des espèces menacées de la faune de Guadeloupe et bénéficient d’une protection au titre de l’Arrêté du 17 janvier 2018, qui fixe la liste des mammifères terrestres présents dans le département. Ainsi, toute action concernant ces espèces nécessite une dérogation validée par l’administration (DEAL, DREAL) avant la réalisation de travaux.

Conséquences judiciaires

Sur le plan pénal, les trois individus ont été condamnés à des amendes, à réaliser un stage de citoyenneté et à effectuer des heures de travaux d’intérêt général (TIG). Sur le plan civil, le tribunal judiciaire de Basse Terre a accordé une réparation du préjudice moral de chaque association, dont la FNE, à hauteur de 10 000 euros, le 9 février dernier. Selon Anne Roques, juriste de l’association, « la juridiction a réalisé la gravité du dommage subi par les associations qui agissent pour la protection des chauves-souris, en tenant compte de l’atteinte « significative » portée à cette espèce protégée ».

Source : FNE, SFEPM, ASPAS

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