
L’IA militaire, une arme redoutable qui gagne du terrain
Souvenez-vous de l’image tragique du premier jour de guerre au Moyen-Orient, le 28 février dernier : une école de filles en Iran, détruite par des frappes américaines, causant plus de 150 morts. Aujourd’hui, des interrogations émergent sur le rôle de l’intelligence artificielle (IA) dans cette tragédie. L’IA est désormais omniprésente sur les champs de bataille, déterminant les cibles à frapper, remplaçant les experts militaires et même exécutant les ordres.
Le 28 février, les États-Unis ont lancé une offensive contre l’Iran, frappant un objectif toutes les 45 secondes au cours des douze premières heures, soit un total de 1 500 frappes en 24 heures. À ce jour, plus de 15 000 cibles ont été désignées, dont beaucoup par des systèmes d’IA. Le Pentagone a récemment vanté ces technologies, mettant en avant le logiciel Maven, qui fusionne jusqu’à 150 sources de données, allant des vidéos de surveillance aux écoutes téléphoniques.
Maven, décrit par Cameron Stanley, directeur de l’IA au Département de la Défense américaine, révolutionne le processus de ciblage. L’IA évalue les menaces et propose plusieurs options d’élimination, tout en calculant les risques de victimes civiles. La validation humaine se limite à une simple approbation.
Jack Shanahan, ancien général et créateur de Maven, souligne l’efficacité de l’IA pour traiter des volumes d’informations colossaux, permettant d’identifier des cibles qui auraient échappé à l’analyse humaine classique. Là où 2 000 analystes étaient nécessaires, seulement 50 suffisent désormais grâce à Maven.
Cependant, l’usage de l’IA soulève des questions éthiques et opérationnelles. Le bombardement de l’école de Minab, dû à des cartes obsolètes, a mis en lumière les dangers potentiels de ces technologies. Une enquête est en cours pour déterminer si l’IA a joué un rôle dans cette bavure.
Une étude britannique récente a révélé que dans 95 % des simulations de conflits menées par des modèles d’IA, le recours à l’arme nucléaire était proposé. Malgré ces préoccupations, la course à l’IA militaire continue de s’accélérer, avec des nations comme la France qui insistent sur la nécessité de progresser dans ce domaine.
Source : Franceinfo.



