
Recensement à Mayotte : « Il est impossible que 150 000 personnes soient cachées dans la forêt »
Huit semaines après le début du recensement exhaustif de la population à Mayotte, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) se montre soulagé. Le porte-à-porte, réalisé par sept cents agents communaux, a été achevé le 24 janvier. Toutefois, le taux de réponse en ligne reste très faible, à seulement 3,5 %, comparé à 70 % en métropole.
Pour remédier aux retards, l’Insee a accordé deux semaines supplémentaires à quatorze des dix-sept communes de l’archipel, dont Mamoudzou et Koungou. Ces prolongations ont été nécessaires en raison d’un état d’avancement jugé « inquiétant » à la fin de décembre, signalant « différents manquements ». Les municipalités concernées ont critiqué le calendrier imposé par l’Insee ainsi que les difficultés rencontrées pendant les vacances scolaires et la saison des pluies.
La mobilisation des services municipaux a été déterminante, permettant de recenser 97 % des 86 400 logements dans le département. Selon Bertrand Kauffmann, chef de projet à l’Insee pour le recensement de Mayotte, les 3 % de logements non recensés sont attribués à des refus de participation, à l’impossibilité de joindre certaines personnes, ou à leur absence prolongée. Ce taux de non-réponse est en réalité meilleur que la moyenne nationale, qui s’élève à environ 4,5 %.
Ces résultats soulèvent des interrogations quant à l’estimation de la population de Mayotte, notamment face à des affirmations selon lesquelles 150 000 personnes pourraient être cachées dans la forêt. Les experts jugent cette hypothèse peu réaliste et soulignent la nécessité d’une approche rigoureuse pour comprendre les dynamiques démographiques de l’île.
Source : Insee




