
La Commission européenne n’envisage pas de nouvelles législations sur l’égalité des sexes
Hadja Lahbib, responsable de l’égalité au sein de l’UE, a annoncé aujourd’hui devant les députés européens que la Commission européenne ne prévoit pas de nouvelles propositions législatives concernant l’égalité entre les femmes et les hommes, ni sur la lutte contre les violences faites aux femmes et le viol. Elle a exhorté les députés à inciter leurs pays d’origine à appliquer la législation européenne existante.
Lahbib a déclaré : « Je ne pense pas qu’il y aura de nouvelle législation », tout en reconnaissant que « le chemin à parcourir est encore long » et que les droits des femmes sont « aujourd’hui remis en question ». Elle a précisé que l’accent serait mis sur l’application de cinq textes législatifs déjà en vigueur, notamment ceux relatifs à la transparence salariale et à la lutte contre la violence à l’égard des femmes.
Cette déclaration intervient alors que la Commission des droits de la femme et de l’égalité des genres (FEMM) du Parlement européen travaille sur plusieurs rapports, dont l’un vise à définir le viol sur la base du consentement. Ce rapport, rédigé par Joanna Scheuring-Wielgus, sera soumis au vote lors de la prochaine session plénière.
La commissaire a également évoqué un état des lieux de la législation existante dans l’UE, à la suite de l’affaire Pélicot en France, pour obtenir une meilleure vue d’ensemble des mesures en place, sans toutefois envisager une suite juridique.
Parallèlement, les députés européens examinent un rapport sur les inégalités de genre en matière de santé, dirigé par Billy Kelleher, qui appelle à une action politique au niveau de l’UE pour traiter ces disparités.
Lahbib a reconnu que l’absence de nouvelles propositions législatives pourrait décevoir certains députés, mais a défendu le bilan actuel de l’initiative « My Voice My Choice », qui vise à garantir l’accès à l’avortement en toute sécurité dans l’UE.
Elle a incité les députés à faire pression sur les États membres, affirmant que la responsabilité revient aux pays de l’UE pour avancer sur ces questions sensibles, qui touchent à la souveraineté nationale et aux approches culturelles variées de l’égalité.
Les critiques n’ont pas manqué, notamment de la part de députés d’extrême droite, qui estiment que la stratégie de la Commission européenne en matière d’égalité des sexes promeut un « programme woke ». Lahbib a conclu en soulignant que l’égalité ne doit pas être imposée, mais souhaitée pour ses bénéfices reconnus.
(Source : Euractiv)



