
Accidents, suicides : un salarié meurt tous les trois jours sur son lieu de travail
Une cinquantaine d’ouvriers se sont rassemblés devant les chantiers de l’Atlantique en cette journée de lutte contre les morts au travail. Les salariés de la Société Générale de Nantes ont également choisi cette date symbolique pour se mobiliser. À l’appel de la CGT, un préavis de grève illimitée a été déposé jusqu’en juin 2028.
Cette journée est devenue un symbole pour dénoncer les conditions de travail dégradées. Le 17 mars dernier, le directeur général de la Société Générale, Slawomir Krupa, annonçait la vente de l’activité Retail (services aux particuliers) pour un montant de plus de 70 millions d’euros à la société ProCapital, jugée non rentable en raison d’outils informatiques obsolètes.
Les salariés ont exprimé leur inquiétude dans un communiqué : « Nous avons souhaité nous rassembler pour dénoncer le démantèlement de notre entreprise. La situation sociale se dégrade fortement. » Ils soulignent que les conditions de travail se détériorent, entraînant dépressions et suicides. Un salarié a mis fin à ses jours il y a deux ans, en lien avec son travail.
La FNATH (Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés) a récemment publié des chiffres alarmants : 764 personnes sont mortes en 2024 à la suite d’un accident du travail dans le secteur privé, un nouveau record depuis 2018, soit plus de deux décès par jour.
L’union départementale des syndicats CGT de Loire-Atlantique a appelé à un rassemblement ce mardi 28 avril, journée internationale de la santé et sécurité au travail. Sébastien Benoît, secrétaire général de la CGT des chantiers de l’Atlantique, a rappelé que « sur 20 ans, il y a eu 20 morts ici, sans compter les accidents graves ».
Les syndicats dénoncent également l’impunité patronale concernant les accidents du travail, citant 161 procès-verbaux pour accidents graves depuis 2014 sans réponse judiciaire. Les maladies professionnelles et les atteintes à la santé mentale sont en hausse, reflétant un mépris pour la santé des travailleurs.
En 2024, 1 297 décès liés au travail ont été recensés, incluant 318 accidents de trajet et 215 maladies professionnelles. Ces données sont sous-estimées, car elles ne prennent pas en compte les salariés agricoles, les fonctionnaires et de nombreux travailleurs indépendants.
Les jeunes travailleurs sont particulièrement touchés, avec plus de 20 % des décès survenant dans l’année suivant la prise de poste. Les maladies professionnelles augmentent également, avec une hausse de 6,7 % en 2024.
La situation des travailleurs continue d’être préoccupante, alors que les conditions de travail ne cessent de se détériorer.
Source : FNATH, communiqué de presse CGT





