Quand l’humour l’emporte sur la parole politique

Quand l’humour l’emporte sur la parole politique

Face à des enjeux sociopolitiques croissants, les humoristes se retrouvent dans une position délicate, pouvant faire l’objet de sanctions de la part d’institutions telles que l’Arcom, tout en étant contestés par le public sur les réseaux sociaux. Nelly Quemener souligne cette dualité, indiquant que les humoristes sont pris entre des injonctions contradictoires.

Dans ce contexte, de nombreux humoristes revendiquent un humour « politique », tout en évitant l’étiquette d’un humour « partisan » ou « militant ». L’humoriste Fary, par exemple, insiste sur le fait de ne pas se considérer comme un « porte-parole », qualifiant son spectacle de moment plus « poétique » que politique. Il est rare que les humoristes placent leur engagement politique au premier plan, à l’exception de Sophia Aram, qui admet être « de moins en moins drôle ».

Guillaume Meurice, qui a signé de nombreuses pétitions de gauche, a récemment décliné l’invitation de La France insoumise (LFI) pour se présenter aux législatives de 2024, déclarant sur les réseaux sociaux : « La République, ce n’est pas moi ! » Cela fait référence de manière ironique aux propos de Jean-Luc Mélenchon.

L’analyse du discours des humoristes révèle que ceux qui revendiquent l’humour politique, tout en lui attribuant des vertus pédagogiques et démocratiques, cherchent également à éviter la posture du « donneur de leçons ». Dans un entretien, Charline Vanhoenacker affirme que l’humour politique peut « inverser le rapport de domination », mais qu’il ne doit pas être « surinterprété », son but principal étant de « faire rire ». Cette approche vise à défendre leur pratique tout en se protégeant des critiques.

Source : RTBF

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