
Psychiatrie et risque terroriste : des praticiens dénoncent une « instrumentalisation » à des fins sécuritaires
L’Assemblée nationale examine, lundi 13 avril, une proposition de loi présentée par le député (Renaissance) des Yvelines, Charles Rodwell. Ce texte vise à renforcer les pouvoirs des préfets en matière d’examen et d’hospitalisation sans consentement des personnes identifiées comme radicalisées. En outre, il prévoit un suivi post-peine pour les individus condamnés pour terrorisme ou ayant montré des signes de radicalisation en prison, ainsi qu’une surveillance accrue des personnes placées sous contrôle administratif.
Cette initiative législative répond à plusieurs attentats récents, dont l’attaque au couteau de Mulhouse, survenue le 22 février 2025, où un homme de nationalité algérienne, souffrant de troubles psychiques et sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français, a tué une personne et blessé sept autres. Un autre exemple est l’attentat perpétré par Armand Rajabpour-Miyandoab, un individu sortant de prison et suivi psychiatriquement, qui a causé la mort d’un touriste et blessé deux autres personnes le 2 décembre 2023, près du pont de Bir-Hakeim à Paris.
Les professionnels de la santé mentale expriment des inquiétudes face à cette évolution. Ils dénoncent une possible « instrumentalisation » de la psychiatrie à des fins sécuritaires, craignant que des considérations médicales soient subordonnées à des objectifs de lutte contre le terrorisme.
Cette proposition de loi soulève des questions éthiques et pratiques sur la frontière entre la santé mentale et la sécurité publique, et sur la manière dont les politiques peuvent influencer le traitement des personnes vulnérables.
Source : Le Monde





