
Fuite de PFAS, terres englouties : un énorme data center inquiète
Fouju (Seine-et-Marne), 15 mai 2026 — Le projet de construction du Campus IA, le plus grand data center de France, suscite de vives inquiétudes. Situé à proximité du petit village de Fouju, qui compte 655 habitants, ce complexe pourrait mobiliser un investissement de 50 milliards d’euros et consommer autant d’électricité qu’un réacteur nucléaire, soit 1,4 gigawatt.
Le 13 mai, un collectif de citoyens et d’associations s’est réuni pour dénoncer les impacts environnementaux de ce projet. Jean-François Dupont, coprésident de France Nature Environnement 77, a exprimé ses préoccupations concernant les zones d’ombre du projet, soulignant qu’il pourrait artificialisé près de 90 hectares de terres agricoles. L’Autorité environnementale a également signalé que le projet va à l’encontre des objectifs de sobriété énergétique.
Le raccordement au réseau électrique a été promis par le Réseau de transport d’électricité (RTE), qui envisage une procédure accélérée pour faciliter la réalisation. Toutefois, le Campus IA pourrait représenter près d’un cinquième de la consommation électrique totale de l’Île-de-France, ce qui soulève des inquiétudes sur la répartition de l’électricité disponible.
15 tonnes de PFAS par an
Le choix d’utiliser des systèmes de refroidissement pour les serveurs, plutôt que de puiser dans la nappe phréatique, entraîne également des préoccupations. Le complexe prévoit d’utiliser 514,3 tonnes de fluides réfrigérants, avec une anticipation de fuites annuelles de 3 %. Ces fluides, qui incluent des hydrofluorocarbures (HFC), possèdent un potentiel de réchauffement climatique élevé et contiennent des PFAS, des polluants difficiles à traiter. Chaque année, le Campus IA pourrait émettre jusqu’à 15 tonnes de PFAS, selon l’Autorité environnementale.
Jean-François Dupont a soulevé des doutes quant à la transparence de l’enquête publique, qui se déroule jusqu’au 30 mai, et a mis en question la possibilité d’un examen approfondi des impacts environnementaux dans le cadre d’une procédure accélérée.
Le soutien du maire
Le maire de Fouju, Jonathan Wochenmayer, soutient le projet, le qualifiant de « très beau projet » et affirmant qu’il pourrait générer des retombées économiques significatives pour la commune. Cependant, les opposants continuent d’exprimer leurs craintes quant aux conséquences environnementales et sociales de cette construction.
Le Campus IA s’inscrit dans une vision plus large de développement industriel, mais soulève des questions sur la durabilité et la préservation des terres agricoles dans la région.
Source : Reporterre





