
Parcourir en vélo des routes de campagne isolées, des chemins forestiers rarement utilisés, surtout lorsque se pointe le printemps, c’est vraiment attirant. Et hop, on se précipite à la boutique spécialisée du coin pour se procurer un vélo de gravelle (gravel bike).
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Renée Claude Bastien, guide d’aventure et coordonnatrice du programme de guide en tourisme d’aventure au cégep de Saint-Laurent, évoque un « réflexe qu’on voit partout en plein air » : « Croire qu’il faut absolument du nouvel équipement pour essayer une nouvelle pratique. » Ce réflexe finit par coûter cher et encombrer les placards.
« Ce n’est pas pour rien que Marketplace déborde d’équipement de super bonne qualité, affirme Mme Bastien. Cela provient de personnes qui ont essayé quelque chose pour se rendre compte que ce n’était peut-être pas pour elles. »
Face à cette « ultraspécialisation », elle recommande de prendre du recul. « Il faut se demander à quelle fréquence on entend faire cette activité-là. Ma recommandation première est de commencer par la location », souligne-t-elle.
Certaines boutiques de vélo offrent en location une large gamme de produits de qualité, permettant de tester différents styles de vélo de gravelle. L’autre option, avant de se lancer dans un achat, est de participer à des événements comme le Gravelooza, dans les Cantons-de-l’Est, où les fabricants de vélos sont présents pour conseiller les pratiquants.
Si l’on prévoit faire que quelques sorties par saison, il peut être judicieux de modifier son vélo actuel pour l’adapter à cette pratique. « Un vélo de gravelle est conçu pour le confort et la polyvalence, mais dans bien des cas, on peut adapter ce qu’on a déjà », précise Mme Bastien.
Jacques Sennechael, rédacteur en chef de Vélo Mag, souligne que la largeur des pneus est cruciale. « Il faut une marge de manœuvre de quatre à cinq millimètres de chaque côté », indique-t-il. La transmission et la forme du guidon jouent également un rôle important pour un meilleur contrôle, surtout dans les descentes.
En ce qui concerne les freins, bien que des freins sur jante soient utilisables, les freins à disque sont préférables. Si l’on envisage de rouler sur des chemins forestiers, un véritable vélo de gravelle pourrait être nécessaire.
« C’est le même principe que dans d’autres pratiques de plein air : commencer avec ce qu’on a, comprendre ses besoins, puis investir seulement si l’usage le justifie », conclut Mme Bastien.
Elle rappelle que les premiers alpinistes qui ont atteint le sommet de l’Everest utilisaient des vêtements simples, sans équipement ultraspécialisé. « Il ne faut pas oublier qu’on n’a pas attendu d’avoir des vélos de gravelle pour rouler sur de la gravelle », ajoute M. Sennechael.
Un bon vélo de gravelle est polyvalent et peut également rouler sur des routes asphaltées avec une performance acceptable. « Si je devais n’avoir qu’un seul vélo, j’aurais un vélo de gravelle ! », affirme M. Sennechael.
Au Québec, où les routes peuvent être endommagées au printemps, le vélo de gravelle offre une robustesse appréciable.
Source : La Presse.




