Première étude sur la survie des patients atteints de cancer en Martinique (2008-2018)
Une étude récente, s’appuyant sur les données du Registre général des cancers de la Martinique, a analysé la survie des patients atteints de cancer pour dix localisations parmi les plus fréquentes. Cette recherche fournit des estimations de la survie à 1 et 5 ans après le diagnostic, en tenant compte de l’âge et du sexe, selon des méthodes similaires à celles utilisées pour les données de la France hexagonale. Les résultats révèlent des disparités significatives entre les localisations étudiées et par rapport aux taux de survie observés en métropole.
Les données, accessibles sur le site de l’Institut national du cancer et de Santé publique France, ainsi que sur d’autres plateformes régionales, constituent un repère essentiel pour les acteurs de la santé en Martinique dans l’adaptation des stratégies de lutte contre le cancer.
Une grande disparité de survie entre les localisations étudiées
L’analyse a porté sur des patients âgés de 15 ans et plus, diagnostiqués entre 2008 et 2015, et suivis jusqu’au 30 juin 2018. Les localisations concernées incluent l’ensemble « lèvre-bouche-pharynx », l’œsophage, l’estomac, l’ensemble « côlon, rectum et anus », le poumon, la prostate, le sein, le corps et le col de l’utérus, ainsi que les « myélomes multiples et plasmocytomes ». Les résultats montrent une variabilité importante de la survie selon la localisation, avec des taux parfois inférieurs aux moyennes observées en France.
Par exemple, la survie nette standardisée (SNS) à 5 ans pour le cancer de la prostate en Martinique est de 95 %, supérieure à celle des hommes en France hexagonale, qui est de 93 %. En revanche, pour les cancers du corps de l’utérus, de l’œsophage, et du sein, les SNS à 5 ans sont respectivement de 50 %, 3 %, et 83 %, inférieures aux moyennes observées en métropole de 24, 14, et 5 points de pourcentage.
Déterminants de santé et prévalence des maladies chroniques
Des facteurs spécifiques à la Martinique peuvent expliquer ces résultats, notamment une participation limitée aux dépistages organisés, un accès aux soins difficile, et une prévalence élevée de maladies chroniques. Par exemple, en 2021, la prévalence du diabète auto-déclaré était de 11,5 % en Martinique, soit le double de celle observée en France. De plus, le taux d’hypertension artérielle était de 31,5 %.
Mobilisation pour la lutte contre le cancer
La stratégie décennale de lutte contre les cancers, qui inclut des mesures spécifiques pour les territoires ultramarins, vise à améliorer l’accès aux soins et à réduire les inégalités. Des efforts sont en cours pour renforcer la coordination des acteurs et améliorer l’éducation à la santé.
Cette étude met en lumière l’importance d’adapter les politiques de santé aux réalités locales, afin de mieux répondre aux besoins des patients en Martinique.
Source : Santé publique France.




