
Polynésie : des dissidents indépendantistes annoncent la création d’un nouveau parti
Dans la collectivité française d’outre-mer de Polynésie, un groupe de quinze élus a officiellement rompu avec le groupe indépendantiste Tavini et a annoncé la création d’un nouveau parti, de tendance modérée, lors d’un point de presse à Papeete le 8 avril 2026.
Jeudi dernier, quatorze élus dissidents de l’Assemblée de la Polynésie française avaient déjà annoncé leur démission du Tavini, qui détenait jusqu’alors une majorité confortable au sein d’une Assemblée locale composée de 57 représentants. Avec leur départ et la formation d’un nouveau groupe, nommé A Fano Ti’a (« Gardons le cap » en tahitien), le gouvernement ne dispose plus de la majorité absolue. Ces élus, qui se positionnent de manière modérée, sont proches du président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, élu en 2023.
Les dissidents critiquent leur ancien parti pour sa « radicalité, sa rigidité, son extrémisme », comme l’a souligné Tematai Le Gayic, président de ce nouveau groupe à seulement 25 ans. Ce dernier a quitté le Tavini après une candidature malheureuse à Papeete, où il n’a pas été soutenu par son ancien parti.
La ligne dure du Tavini est représentée par son président fondateur, Oscar Temaru, 81 ans, et son vice-président Antony Géron, également président de l’Assemblée de la Polynésie française. Ils prônent une souveraineté rapide, tandis que le président polynésien appelle à un processus plus réfléchi. Les élus démissionnaires leur reprochent également des positions controversées, notamment un rapprochement avec l’Azerbaïdjan, un pays qui a suscité des inquiétudes quant à la stabilité des collectivités françaises d’outre-mer.
Oscar Temaru a plaidé pour l’exploitation des ressources minières sous-marines, une position en désaccord avec celle de Moetai Brotherson, qui s’oppose à cette exploitation pour des raisons écologiques. Temaru a également suggéré que l’indépendance pourrait être obtenue par d’autres moyens qu’un référendum, une proposition rejetée par les dissidents, qui la considèrent comme une ligne rouge et un risque de violence.
Source : RFI


