
Pollution lumineuse : le ciel nocturne vidé de ses étoiles
Depuis la fin du dix-neuvième siècle, les observatoires astronomiques s’éloignent des zones habitées pour échapper aux nuisances urbaines, notamment l’éclairage public. Ces installations se trouvent désormais dans des régions éloignées et en altitude, comme le mont Wilson en Californie, Arequipa au Pérou, le désert d’Atacama au Chili et à Hawaï. Les télescopes spatiaux offrent aujourd’hui la possibilité d’observer sans l’interférence de l’atmosphère terrestre.
Cependant, pendant ce temps, la visibilité des étoiles au-dessus de nos têtes continue de diminuer. Une étude réalisée il y a dix ans, en collaboration avec des chercheurs et des citoyens, a abouti à un nouvel atlas mondial de la pollution lumineuse. Basée sur un modèle de calcul développé en 2000, cette étude a utilisé des données satellitaires et des mesures au sol pour cartographier l’augmentation de la luminance du ciel nocturne en raison de la diffusion de la lumière artificielle.
Cet atlas révèle que 80 % de la population mondiale, et jusqu’à 99 % des populations en Europe et aux États-Unis, vivent sous des cieux dégradés. Les rythmes circadiens des animaux nocturnes en sont également affectés. La Voie lactée est désormais invisible pour un tiers de l’humanité. De plus, l’adoption croissante de la technologie LED pour l’éclairage extérieur, qui émet une lumière plus éblouissante que les lampes à vapeur de sodium, pourrait aggraver cette situation dans un futur proche.
En 1923, le fabricant Carl Zeiss a inventé le planétarium pour reproduire fidèlement l’apparence du ciel étoilé sans nuage ni pollution lumineuse, permettant ainsi au public de retrouver une expérience authentique du ciel nocturne. Ce paradoxe soulève des questions : alors que les télescopes spatiaux nous offrent des images spectaculaires d’exoplanètes et de nébuleuses, le ciel au-dessus de nous se vide peu à peu.
Source : Pour la Science





