Plafonnement des prix des carburants : différences entre la métropole et les Outre-Mer.
Vrai ou Faux : Le Plafonnement des Prix des Carburants en Métropole en 1990 et Aujourd’hui en Outre-Mer
La cheffe de file du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a récemment affirmé que la France avait déjà eu recours à un blocage des prix des carburants en 1990, lors de la guerre du Golfe, et que des mes similaires étaient en vigueur actuellement en Outre-Mer. Qu’en est-il vraiment ?
Contexte Factuel
En 1990, face à la flambée des prix due à la guerre du Golfe, le gouvernement français a instauré un plafonnement des prix des carburants par un décret du 8 août. Ce plafonnement a duré cinq semaines, du 9 août au 15 septembre. Cependant, il ne s’agissait pas d’un blocage au sens strict. Le prix maximal de vente était recalculé quotidiennement en fonction des cours du pétrole sur le marché de Rotterdam, et les prix à la pompe ont continué d’augmenter, avec une hausse de 7% à 10% notée par une commission sénatoriale.
Données ou Statistiques
Le rapport sénatorial sur le projet de loi de finances de 1991 a constaté que, malgré le plafonnement, les prix des carburants avaient sensiblement augmenté durant cette période. Le ministre de l’Économie de l’époque a reconnu en juin 1991 que cette hausse était « sensible », bien que limitée par le poids de la matière première dans le prix final.
En ce qui concerne les Outre-Mer, les prix des carburants sont effectivement régulés par les préfectures depuis 1988, mais cette régulation n’empêche pas les fluctuations en fonction des marchés. Les prix y sont généralement plus bas qu’en métropole, mais ils suivent également l’évolution des coûts des produits pétroliers.
Conséquence Directe
Ainsi, bien que Mathilde Panot ait raison de souligner que des mes de plafonnement des prix ont été mises en place dans le passé et que des prix administrés existent en Outre-Mer, la nature de ces mes diffère de ce qu’implique un véritable blocage des prix. Cela souligne la complexité des interventions gouvernementales dans le secteur des carburants.
Source : Franceinfo
