38 000 requêtes sur ChatGPT consomment autant d’eau qu’une amande, selon une étude.
Vrai ou faux : 38 000 requêtes sur ChatGPT consomment-elles autant d’eau qu’une seule amande ?
Le PDG d’OpenAI, Sam Altman, a récemment fait une déclaration intrigante lors d’un entretien sur un podcast américain, affirmant que « pour 38 000 requêtes ChatGPT, cela représente la même quantité d’eau que celle utilisée pour la production d’une seule amande en Californie ». Bien que cette affirmation puisse sembler frappante, elle soulève des questions sur la véracité et la précision des données.
Altman précise qu’il cite ce chiffre de mémoire et qu’il pourrait se tromper. Il indique également qu’il prend en compte une comptabilité globale de l’eau, incluant non seulement celle utilisée dans les centres de données, mais aussi d’autres sources.
Pour évaluer la véracité de cette comparaison, il est nécessaire de se pencher sur les chiffres fournis. Dans un billet de blog publié en juin 2025, Altman affirme qu’une requête moyenne à ChatGPT utilise environ 0,000085 gallon d’eau, soit environ 0,32 millilitre. En multipliant ce chiffre par 38 000 requêtes, on obtient environ 12,2 litres. Ce volume est similaire à l’empreinte eau moyenne d’une amande californienne, qui est évaluée à environ 12 litres selon une étude de 2019 publiée dans la revue Ecological Indicators.
Cependant, plusieurs éléments rendent cette comparaison difficile à valider. Tout d’abord, les données et les méthodes de calcul utilisées par Altman ne sont pas rendues publiques, ce qui complique la vérification de ses affirmations. De plus, l’estimation de 12 litres pour l’amande ne prend pas uniquement en compte l’irrigation, mais inclut également l’eau de pluie.
La consommation d’eau des intelligences artificielles ne se limite pas aux centres de données. Elle inclut aussi le refroidissement des serveurs, la production d’électricité, et la fabrication des puces. Les systèmes de refroidissement peuvent avoir des méthodes variées, certaines évaporant une partie de l’eau pour évacuer la chaleur, tandis que d’autres ne consomment pas d’eau sur place.
Des études plus documentées existent, comme celle de Mistral AI, qui a estimé qu’une réponse de 400 tokens consomme environ 45 millilitres d’eau, excluant le terminal de l’utilisateur. En revanche, Google a annoncé une consommation beaucoup plus faible de 0,26 millilitre pour une requête médiane de son chatbot Gemini.
Ces estimations montrent des différences significatives dans les méthodes de calcul, rendant difficile un classement des assistants en termes de consommation d’eau. Par ailleurs, l’empreinte en eau associée à la production d’électricité des centres de données pourrait augmenter de manière significative dans les années à venir, ce qui soulève des préoccupations quant à la durabilité de ces technologies.
En somme, bien que les chiffres avancés par Sam Altman semblent plausibles à première vue, un manque de transparence et de données précises rend difficile la validation de sa comparaison entre la consommation d’eau de ChatGPT et celle nécessaire pour produire une amande.
Source : Franceinfo, publié le 15 septembre 2026.
