
L’affaire du piratage de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) prend un nouveau tournant. La jeune association « La Ligue des Libertés » a déposé, au début du mois de mai, une série de recours, révélés par La Tribune et consultés par ZDnet.fr.
Ces recours incluent une plainte auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) et deux demandes d’indemnisation adressées au ministère de l’Intérieur et à l’ANTS. L’association se prépare ainsi à ouvrir une action devant le tribunal administratif. Dans ces deux demandes, elle réclame 150 000 euros en réparation du préjudice causé par la fuite de données, un montant justifié par ce qu’elle qualifie de « défaillance grave de l’État dans la protection des données ». Ce piratage souligne des manquements aux obligations de sécurité imposées par le règlement général sur la protection des données (RGPD).
Dans sa saisie de la Cnil, « La Ligue des Libertés » demande également à l’autorité administrative indépendante de constater les manquements aux obligations légales et d’obtenir des « mesures correctrices contraignantes ». L’association sollicite en outre une sanction contre l’ANTS et exige la transparence sur les causes et la gestion de l’incident.
Le piratage, survenu autour du 15 avril, a contraint l’ANTS à suspendre son portail pour renforcer sa sécurité. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le déblocage de 200 millions d’euros pour améliorer les défenses de l’État, promettant de consacrer 5 % des budgets numériques de chaque ministère à la cybersécurité.
Les recours juridiques de « La Ligue des Libertés » prennent également une coloration politique, à un an de l’élection présidentielle. Soutenue par des personnalités de la droite, tels que l’avocat Thibault de Montbrial et l’ancienne ministre Noëlle Lenoir, l’association, financée par le milliardaire Pierre-Edouard Stérin, est perçue comme « une Ligue des droits de l’Homme de droite » par l’hebdomadaire Paris Match.
Les premières actions judiciaires de l’association visaient un canal Telegram « Antifa Squads » et elle a également annoncé son soutien à une famille ayant porté plainte pour des faits de viol sur un enfant par un animateur scolaire à Paris. L’association a par ailleurs lancé une pétition pour la publication du rapport de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’audiovisuel public.
Source : ZDnet.fr






