
Centres d’arnaques en ligne : comment dépouillent-ils leurs victimes ?
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Publié le 10/05/2026 à 21:04
Temps de lecture : 4 min – vidéo : 6 min
Derrière des façades ordinaires au Cambodge se cache une industrie criminelle organisée par des mafias. Entre promesses de romance et investissements miraculeux, ces usines à arnaques dépouillent des victimes à travers le monde.
Le Cambodge est devenu, en quelques années, le centre mondial de l’escroquerie en ligne. Des hommes et des femmes y volent des internautes, avec des méthodes telles que l’escroquerie sentimentale, le hameçonnage et la fraude à la cryptomonnaie. Ces arnaques commencent généralement par un message provenant de l’autre bout du monde.
Un ingénieur français a récemment révélé avoir été victime d’une telle arnaque via Facebook. Une jeune femme, se présentant comme chef d’entreprise, l’a contacté. Après plusieurs semaines d’échanges, elle l’a incité à investir dans les cryptomonnaies sur un site qu’elle recommandait. Bien qu’il ait réussi à retirer 1 000 euros, son argent a ensuite été bloqué, et la jeune femme a disparu. Au total, il a perdu l’intégralité de son assurance-vie héritée de sa mère.
Cette méthode d’escroquerie est typique de celles mises en place en Asie du Sud-Est. Au Cambodge, des centaines de milliers de faux profils sont créés chaque année pour amadouer puis voler des internautes. Selon une étude américaine, les revenus de cette industrie atteindraient 12 milliards d’euros, soit environ 40 % de la richesse nationale.
Un ancien arnaqueur a accepté de témoigner sur la manière dont ces centres fonctionnent. Chaque jour, il reçoit une liste de 200 numéros de téléphone à contacter, suivant un script fourni par son employeur. Les arnaqueurs publient également des vidéos montrant l’intérieur de ces centres, où des employés travaillent dans des open spaces, comme dans une entreprise classique.
Les salaires dans ces centres varient considérablement. Un jeune homme rencontré par des journalistes gagne 500 euros par mois, soit deux fois le salaire moyen cambodgien. Un Français ayant travaillé dans l’un de ces centres a été rémunéré 5 000 euros par mois, en raison de la demande pour des francophones.
Sous la pression de plusieurs pays, les autorités cambodgiennes promettent de mettre fin à cette industrie. Elles ont déjà arrêté 200 centres d’escroquerie au cours de l’année écoulée. Cependant, des intermédiaires continuent de recruter des employés pour ces centres, affirmant que les opérations de police sont souvent annoncées à l’avance.
Le nombre exact de centres encore actifs reste incertain, et les victimes continuent de se multiplier.
Source : Franceinfo




