C’est l’image du système éducatif français qui est en jeu

Onze écoles primaires de l’académie d’Amiens ont été sélectionnées pour participer aux évaluations du PIRLS, le programme international de recherche en lecture scolaire. Ces tests, qui ont lieu tous les cinq ans, ont pour vocation d’évaluer l’apprentissage de la lecture et de la compréhension de l’écrit dans une cinquantaine de pays.

L’ambiance est studieuse : sous l’œil attentif du recteur de l’académie d’Amiens, les enfants se concentrent sur le texte que la maîtresse vient de leur distribuer. Ces élèves de CM1 de l’école de Belloy-sur-Somme se préparent à passer les évaluations du PIRLS, dont les épreuves auront lieu à la fin du mois de mai.

Tous les cinq ans, des milliers d’enfants issus d’une cinquantaine de pays passent ces tests. Les résultats permettent d’évaluer le niveau des élèves et d’établir une comparaison internationale. Pierre Moya, le recteur, précise : « Il y a des méthodes d’apprentissage plus efficaces que d’autres, et c’est ça qu’on essaie de mesurer. Ça sert à voir ce qui fonctionne et ce qui fonctionne moins bien. »

Le PIRLS utilise une échelle de notation standardisée. En 2021, la France avait obtenu un score moyen de 514, se plaçant au centre du classement. Ce score est supérieur à la moyenne internationale, mais inférieur à la moyenne européenne. Le recteur a encouragé les élèves, soulignant que l’image du système éducatif français est en jeu.

Malgré des conditions d’apprentissage perturbées par la crise sanitaire, la France a réussi à augmenter son score entre 2016 et 2021. Les résultats ont montré que la France avait mieux résisté que d’autres pays, notamment parce que les écoles sont restées ouvertes pendant la pandémie.

Cependant, l’académie d’Amiens fait face à des défis particuliers. Selon les données du gouvernement, 6,2 % des jeunes ayant passé leur journée de défense et de citoyenneté en 2024 étaient considérés en situation d’illettrisme, le score le plus élevé de France. De plus, 16,4 % des jeunes de l’académie ont une compréhension en lecture très faible, un chiffre qui monte à 19,1 % dans l’Aisne.

Si la lecture est un enjeu particulier dans cette région, c’est toute la France qui est concernée par la baisse des niveaux de lecture. Sylvaine Ferron, directrice de l’école de Belloy-sur-Somme, note qu’il pourrait y avoir moins de goût pour la lecture et moins d’activités de lecture à la maison.

Face à ces enjeux, l’école s’efforce d’ancrer la lecture dans les habitudes dès le plus jeune âge. « On fait un quart d’heure de lecture chaque jour, on organise des jeux de fluence et de rapidité de lecture, et nous avons aussi une bibliothèque », précise Sylvaine Ferron.

Pour conclure, ces évaluations internationales du PIRLS représentent une opportunité pour réévaluer et ajuster les méthodes d’enseignement en France, dans un contexte où la lecture demeure un enjeu crucial pour l’avenir éducatif des élèves.

Source : France Télévisions

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