
Jeter de la nourriture consommable est un non-sens
Présente à Nice depuis avril 2025, l’association HopHopFood récupère les invendus alimentaires de commerces partenaires pour les redistribuer à des personnes en situation de précarité. Sa responsable locale, Nolwenn Poupon, explique le fonctionnement d’une initiative qui entend lutter à la fois contre le gaspillage et les difficultés d’accès à l’alimentation.
Installée dans les Alpes-Maritimes depuis un peu plus d’un an, l’antenne locale de HopHopFood poursuit son développement. Grâce à une application mobile, l’association met en relation des commerçants disposés à donner leurs invendus et des bénéficiaires orientés par des organismes partenaires. Une solution simple qui permet de redistribuer chaque jour plusieurs dizaines de paniers alimentaires.
Nolwenn Poupon décrit l’association comme un acteur clé dans la lutte contre le gaspillage alimentaire et la précarité. « Nous mobilisons des commerçants qui préfèrent donner leurs invendus plutôt que de les jeter. Tout passe par une application, où les commerçants mettent en ligne leurs invendus sous forme de paniers, et les bénéficiaires peuvent les réserver directement pour venir les récupérer dans le magasin. Cela évite les coûts de transport, de stockage ou de logistique. »
Les bénéficiaires de ce dispositif sont principalement des personnes en situation de petite précarité, c’est-à-dire celles qui ont un logement et une cuisine, mais qui peinent à se nourrir une fois leurs charges payées. Elles sont orientées vers l’application par des structures partenaires telles que des associations ou des organismes publics.
Récemment, un partenariat a été établi avec la CAF pour toucher les bénéficiaires en situation de précarité. La CAF définit des critères, et certaines personnes peuvent être orientées vers la solution d’HopHopFood, leur permettant de s’inscrire sur l’application et de réserver des paniers alimentaires.
En France, jeter de la nourriture reste légal, sauf pour les très grandes surfaces de plus de 400 m², qui doivent trouver une solution pour leurs invendus. Nolwenn Poupon souligne que cela est paradoxal : « C’est un non-sens, socialement et environnementalement, car transporter et détruire ces déchets produit du CO₂. »
HopHopFood a déjà un impact significatif sur le territoire, distribuant environ une soixantaine de paniers alimentaires par jour. En un an, l’association a établi des partenariats avec une trentaine de commerces solidaires et s’est étendue à des villes comme Cagnes-sur-Mer, Antibes et Vallauris, avec un lancement prévu à Cannes.
Les commerçants répondent parfois difficilement à l’appel, car beaucoup ne savent pas que ce type de solution existe. Cependant, une fois qu’ils comprennent le principe, ils sont souvent motivés, d’autant plus que le don alimentaire peut ouvrir droit à une réduction fiscale.
Cette initiative illustre une approche innovante dans la lutte contre le gaspillage alimentaire tout en aidant ceux qui en ont besoin, renforçant ainsi le tissu social local.
Source : NicePremium






