«Une voix pour la liberté» de Bahareh Akrami, le combat d’un rappeur contre le régime iranien - L'art de raconter le monde

Une voix pour la liberté : Bahareh Akrami et le combat de Toomaj Salehi

La bédéiste d’origine iranienne Bahareh Akrami retrace le combat pour la liberté du rappeur Toomaj Salehi, figure emblématique de la mobilisation de la jeunesse iranienne contre le régime. Depuis le mouvement de protestation « Femme, Vie, Liberté » qui a suivi la mort de Mahsa Jina Amini, survenue après son arrestation par la police des mœurs en septembre 2022, Toomaj Salehi est devenu l’une des voix de la contestation contre la répression exercée par le régime des mollahs.

Un carnet de fan

Bahareh Akrami exprime son admiration pour le rappeur à travers un album qui, par sa taille et son style, évoque un carnet de fan. L’ouvrage, enrichi de dessins en noir et blanc, rappelle le trait de l’autrice franco-iranienne Marjane Satrapi. Chaque séquence débute par les paroles percutantes d’un des titres de Salehi, présentées dans leur version originale et traduites en français. Ses mots dénoncent les atteintes aux libertés et aux droits de l’homme, s’insurgent contre la terreur des viols et des lynchages, tout en exaltant l’espoir d’une jeunesse déterminée à faire entendre sa voix.

Le récit d’Akrami évoque également les longs passages en prison de Toomaj Salehi, la torture subie et sa condamnation à mort prononcée le 23 avril 2024. Il fut finalement libéré sous la pression internationale en décembre, dans un contexte de discrétion.

Les abus du pouvoir

Au-delà de son histoire personnelle et celle de Toomaj Salehi, Bahareh Akrami documente les abus et les atrocités d’un pouvoir religieux chiite qui procède à des arrestations, tortures et exécutions massives à l’issue de procès inéquitables. Elle souligne que les femmes sont les principales victimes des interdictions imposées par le régime, telles que l’impossibilité de paraître en public sans voile, de chanter ou danser en public, et de voyager sans l’autorisation d’un tuteur masculin. L’album est associé à l’ONG de défense des droits humains Amnesty International.

Biberonnés à la révolte

Bahareh Akrami et Toomaj Salehi partagent plusieurs points communs, notamment leur naissance à Ispahan et leur passion pour le rap. Tous deux ont été nourris par une culture de résistance contre la République islamique. Cependant, Akrami a grandi en exil, en France, n’ayant connu son pays natal que durant les trois premières années de sa vie.

Une voix pour la liberté, Bahareh Akrami (Delcourt).

Source : RFI

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