
Violences sexuelles dans le périscolaire à Paris : Emmanuel Grégoire lance une convention citoyenne sur les rythmes scolaires
En pleine tourmente dans les écoles de la capitale, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a annoncé le 18 mai le lancement d’une concertation inédite sur le temps périscolaire, dans le but de rassurer des parents alarmés par des affaires de violences sexuelles récurrentes.
Un panel représentatif, composé de 80 parents parisiens tirés au sort parmi plus de 1 500 volontaires, participera à cette « convention citoyenne sur la protection et les temps de l’enfant à l’école ». Ce panel procédera à des auditions d’experts, de professionnels, d’organisations représentatives et d’associations, ainsi qu’à plusieurs visites de terrain, avant de rendre ses conclusions le 22 juin.
L’objectif de cette initiative est de fournir un « avis éclairé » sur les temps de l’école à Paris, afin que « tous les enfants puissent apprendre en sécurité et s’épanouir, dans le respect des exigences de protection, d’inclusion, de mixité, d’égalité et de réussite », selon la mairie.
Le maire a souligné la nécessité de réorganiser la journée scolaire pour éviter des temps périscolaires trop fragmentés. Il a également promis qu’aucun animateur ne serait seul avec un enfant à la rentrée, une promesse faite lors de sa campagne électorale en mars.
78 agents suspendus
Depuis le début de l’année 2026, 78 agents de la ville ont été suspendus, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles. Le parquet de Paris a ouvert des enquêtes concernant des violences potentielles dans 84 écoles maternelles, une vingtaine d’écoles élémentaires et une dizaine de crèches.
Barka Zerouali, porte-parole du collectif #MeTooEcole, a déclaré : « Ces chiffres sont vertigineux. Malheureusement, beaucoup de situations restent invisibles. » Elle a salué la création de cette convention citoyenne, tout en insistant sur la nécessité d’établir un diagnostic clair des dysfonctionnements.
Appel à la grève
La réorganisation de la semaine scolaire est également un sujet de débat. Emmanuel Grégoire a défendu le maintien de la semaine de quatre jours et demi, affirmant que revenir à une semaine de quatre jours « ne respecterait pas l’esprit de la réforme, qui vise à offrir plus de jours d’enseignement ».
Face à la lenteur des changements, plusieurs mesures d’urgence ont été mises en place, y compris un processus de recrutement renforcé et une cellule d’écoute pour gérer les signalements. Cependant, cette situation a provoqué des tensions avec les syndicats, qui dénoncent des « suspensions arbitraires » dans un secteur déjà en sous-effectif chronique. Les 14 000 animateurs de la ville sont appelés à la grève jusqu’à vendredi.
Source : Le Monde avec AFP.






