
Espace : Nancy Grace Roman, la pionnière qui a donné son nom au futur télescope de la NASA
« Dévoiler le cosmos comme jamais auparavant » : c’est l’ambition de la NASA avec son nouveau télescope spatial, le Nancy-Grace-Roman, présenté le 21 avril. Mesurant plus de 12 mètres de long – l’équivalent d’une semi-remorque – et 4,4 mètres de large, cet observatoire sera placé en orbite en mai 2027 pour approfondir notre compréhension de l’Univers. Il rend hommage à une pionnière de l’astronomie, dont les contributions ont marqué l’histoire de l’exploration spatiale.
Nancy Roman, née le 16 mai 1925 à Nashville, Tennessee, a souvent évoqué les préjugés auxquels elle faisait face : « On m’a toujours dit que les femmes ne pouvaient pas être scientifiques ». Ses efforts ont pourtant été déterminants dans le développement du télescope Hubble, lancé en 1990, en collaboration avec l’Agence spatiale européenne.
Passionnée d’astronomie dès son jeune âge, elle fonde un club à 11 ans et s’engage à consacrer sa vie à l’étude de l’espace. Elle obtient un doctorat en astronomie à l’Université de Chicago en 1949, malgré les obstacles rencontrés. Elle commence sa carrière à l’observatoire Yerkes, mais se rend vite compte de l’absence de femmes dans des postes permanents. Elle se tourne alors vers la radioastronomie et rejoint le laboratoire de recherche navale de l’armée américaine.
En 1959, elle entre à la NASA, devenant la première directrice du département d’astronomie du Bureau des sciences spatiales. Malgré ses responsabilités, elle doit souvent justifier ses compétences face à des préjugés. Son travail consiste à promouvoir le programme d’astronomie spatiale et à convaincre la communauté scientifique internationale de la faisabilité de l’observation depuis l’espace.
Le développement du télescope Hubble commence dans les années 1970, sous sa supervision. Après des coupes de financement en 1974, elle recherche de nouvelles sources de soutien. Hubble est finalement lancé en 1990 et devient un outil essentiel en astrophysique, permettant des avancées significatives, telles que la mesure du taux d’expansion de l’Univers et la confirmation de l’existence de trous noirs supermassifs.
En plus de Hubble, Nancy Roman participe au lancement d’observatoires spatiaux dédiés à l’étude du soleil et dirige plusieurs programmes de satellites. Elle prend la direction du centre de vol spatial Goddard entre 1995 et 1997 et termine sa carrière en enseignant les sciences, tout en enregistrant des livres audios d’astronomie.
Nancy Roman décède en 2018 à l’âge de 93 ans. En 2020, la NASA annonce que le prochain télescope, souvent appelé « Roman », sera nommé en son honneur. Avec un coût estimé à 3,6 milliards d’euros, cet observatoire spatial est conçu pour étudier l’énergie sombre, représentant environ 75 % du contenu de l’Univers. Il disposera d’une capacité d’observation jusqu’à cent fois supérieure à celle de Hubble et réalisera un recensement des exoplanètes et une cartographie infrarouge du ciel.
Source : La Croix





