Sale temps pour les enfants, face à la tendance

Sale temps pour les enfants : la tendance « no kids » s’intensifie

En janvier 2026, la SNCF a été au cœur d’une controverse après avoir lancé son offre professionnelle, L’Optimum Plus, qui stipulait dans une première version que « pour garantir un maximum de confort à bord de l’espace dédié, les enfants ne sont pas acceptés ». Cette formulation a été rapidement modifiée pour préciser que « cet espace calme est accessible à partir de 12 ans », tout en affirmant que les plus petits étaient les bienvenus dans le reste du train. Jean Castex, PDG de la SNCF, a défendu cette initiative en soulignant que les enfants sont de plus en plus nombreux dans leurs trains, tout en exprimant sa surprise face aux réactions suscitées.

Cette situation s’inscrit dans une tendance plus large, celle des espaces « no kids », qui se développe principalement dans les pays anglo-saxons. Ce concept désigne des établissements tels que des hôtels, des restaurants et des campings réservés aux adultes, souvent pour des raisons de calme. En Espagne, par exemple, la chaîne d’hôtels « Adults Only » a vu le jour, se spécialisant dans ce type d’offres. La pratique est particulièrement répandue en Corée du Sud, où plus de 600 établissements affichent clairement des zones interdites aux enfants.

En France, cette tendance soulève des questions juridiques. Selon l’article 225-1 du Code pénal, toute distinction d’accès basée sur l’âge est considérée comme une discrimination, passible de 5 ans de prison et 75 000 € d’amende. Bien que la SNCF et d’autres établissements s’appuient sur des offres spécifiques plutôt que sur une interdiction générale, le cadre juridique reste flou. En mai 2025, Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’enfance, a qualifié cette pratique de « brutale » et a initié des discussions pour éviter son installation en France.

Une proposition de loi, mise sur la table le 27 janvier 2026, vise à interdire l’exclusion des enfants des lieux publics, à moins que cela ne soit justifié par des exigences de sécurité. Cette initiative rappelle que l’enfant n’est pas seulement un objet d’éducation, mais également un sujet de droit.

Source : Les Autres Possibles.

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