
Marine Tondelier veut faciliter le parcours de la PMA et rendre possible l’analyse des embryons : de quoi parle-t-on ?
Marine Tondelier, secrétaire nationale du parti Les Écologistes, a récemment annoncé son intention de réformer le cadre législatif bioéthique relatif à la procréation médicalement assistée (PMA) et à la fécondation in vitro (FIV). Cette initiative vise à améliorer le parcours des couples confrontés à l’infertilité, un sujet qu’elle connaît personnellement après avoir traversé des échecs et des fausses couches.
Tondelier souhaite notamment élargir l’accès au diagnostic préimplantatoire (DPI), qui permet d’analyser les embryons avant l’insémination. Elle estime que cela pourrait réduire le nombre d’implémentations d’embryons non viables, une situation fréquente, surtout chez les femmes plus âgées.
En France, le DPI est actuellement très encadré par des lois de bioéthique, dont la dernière révision date de 2021. Seuls les couples à risque élevé de transmettre des maladies génétiques graves peuvent y accéder, ce qui limite son utilisation. En 2022, 369 enfants sont nés grâce à un DPI, selon l’Agence de la Biomédecine.
La généralisation du DPI soulève des inquiétudes éthiques, certains craignant qu’elle n’ouvre la voie à des dérives eugéniques. La question de l’autorisation du DPI-A pour les anomalies chromosomiques, non encore validée en France, est au cœur des débats. Des spécialistes de la reproduction plaident pour une évolution législative, arguant que connaître les potentialités de développement d’un embryon pourrait diminuer les échecs de conception.
À l’étranger, des pays comme l’Espagne et la Belgique pratiquent le DPI pour des raisons plus larges, incluant des anomalies chromosomiques et des fausses couches récurrentes. Aux États-Unis, le diagnostic préimplantatoire est plus accessible et permet des choix de sexe, soulevant des préoccupations éthiques similaires.
L’initiative de Tondelier pourrait donc marquer un tournant dans la législation française sur la PMA, alors que le débat sur l’éthique et l’accès à ces technologies de reproduction continue de s’intensifier.
Source : Nouvel Observateur



